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L’accessibilité des sites web aux non-voyants : un défi aisé à  relever Partie 1

Tech - Par Stéphane Hagues - Publié le 24 juin 2010
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Avec l’évolution constante des technologies et notamment la démocratisation des connexions haut débit, Internet bouleverse progressivement nos habitudes et occupe une part de plus en plus importante dans notre vie quotidienne.
Avec l’évolution constante des technologies et notamment la démocratisation des connexions haut débit, Internet bouleverse progressivement nos habitudes et occupe une part de plus en plus importante dans notre vie quotidienne. Pour une personne voyante, rien de plus facile que de naviguer d’une page à l’autre : il suffit simplement de cliquer sur les liens.

Mais ce qui s’apparente à un jeu d’enfant lorsqu’on est pourvu de tous ses sens peut très vite devenir fastidieux, voire irréalisable lorsqu’on est aveugle. Jusqu’à ces dernières années, l’absence de normes bien définies pour le développement de sites web a conduit à une prolifération anarchique de pages parfois écrites en dépit du bon sens. Seules les recommandations du WAI (Web Access Initiative) reprises et adaptées en France par l’association Braillenet, faisaient foi, mais n’étaient connues que d’une petite minorité qui voulait bien s’y conformer. Or, pour être correctement interprétée et lue par nos lecteurs d’écran braille et vocaux, une page web doit respecter certaines règles dans l’écriture du code.

Les choses changent et se clarifient aujourd’hui, notamment avec l’apparition de XML et des normes CSS 2.0 qui distinguent clairement la forme du contenu, ce qui devrait conduire à moyen terme, si les différents acteurs les appliquent rapidement, à une accessibilité grandement accrue pour les déficients visuels. Nous tenterons dans cette première partie d’expliciter le concept d’accessibilité dans ses grandes lignes. Les principes techniques seront quant à eux détaillés ultérieurement.

L’accessibilité des sites web aux non-voyants : un défi aisé à  relever Partie 1
La notion d’accessibilité numérique a vu le jour dès l’émergence des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), et plus particulièrement avec l’apparition d’Internet. De fait, le web devrait normalement permettre à tous d’avoir l’accès immédiat à une multitude de données et de sources d’informations variées.

Dans la réalité, il en va tout autrement. Bien souvent, les personnes handicapées éprouvent plus ou moins de difficultés à utiliser cet outil de communication. Les sites web ne sont malheureusement pas toujours exploitables par les aides techniques utilisées par les déficients visuels, car ils n’incluent aucun dispositif d’accessibilité, si élémentaire soit-il. Mais qu’entend-on par accessibilité ?

Tim BERNERS-LEE, directeur du W3C (World Wide Web Consortium), et à l’origine du World Wilde Web, donne cette définition de l’accessibilité numérique : « Mettre le web et ses services à la disposition de tous les individus, quels que soient leur matériel ou logiciel, leur infrastructure réseau, leur langue maternelle, leur culture, leur localisation géographique, ou leurs aptitudes physiques ou mentales.

Mettre les services et les contenus de communication en ligne à la disposition de tous les individus, quels que soient leur matériel ou logiciel, leur infrastructure réseau, leur langue maternelle, leur culture, leur localisation géographique, ou leurs aptitudes physiques ou mentales. […] La puissance du web réside dans son universalité. L’accès par tous, quel que soit le handicap en est un aspect essentiel».

L’accessibilité numérique est fondée sur une série de recommandations techniques tenant compte des obstacles généralement rencontrés par les personnes Handicapées. Dans la pratique, cela tient souvent à peu de choses, mais ces réflexions sont très peu intégrées dès l’origine des projets de déploiement de sites web. Les développeurs, la plupart du temps par manque de sensibilisation et d’informations suffisantes, ne disposent d’aucun cadre auquel se référer. Même si l’on assiste à l’émergence d’une prise de conscience progressive, l’accessibilité demeure un concept relativement nouveau qui n’est à ce jour encore intégré dans aucun cursus d’enseignement. En outre, la méconnaissance du handicap et des aides techniques utilisées conduit souvent les concepteurs de sites web à préjuger de leur utilisation par une personne non-voyante, ou même de ne pas l’envisager. Malgré les campagnes de médiatisation de ces dernières années, quelques lieux communs subsistent à tort et servent parfois d’argumentaire pour ne pas avoir à repenser ce qui avait été conçu au départ :

« Les non-voyants n’ont pas accès à l’informatique, il est donc superflu de prendre ce public en compte lors de la conception de sites web ou de logiciels. »

L’informatique nous est accessible depuis le début des années quatre-vingt grâce aux aides techniques mises à notre disposition, et qui ont su évoluer avec les technologies nouvelles ; « Internet est un média essentiellement fondé sur l’image, donc impossible à rendre accessible aux personnes handicapées visuelles. » .

Ceci est entièrement faux : assortir une image d’un texte alternatif rend l’information véhiculée lisible par nos aides techniques ; « pour être accessibles, les pages ne doivent forcément contenir que du texte, ce qui les rend, en conséquence, peu attractives. ».

Fort heureusement, il n’en est rien. Comme nous venons de le voir, l’accessibilité du web n’est pas une question de restrictions conduisant à des interfaces pauvres, mais d’améliorations. Il s’agit de s’assurer qu’un contenu non textuel est accessible aux personnes présentant un handicap. Site accessible ne signifie pas conception minimaliste mais conception réfléchie. Un site accessible présente en outre un certain nombre d’autres avantages ne se limitant pas au seul domaine du handicap. À titre d’exemple, lorsqu’un site est accessible, il est généralement construit de manière plus logique, et les coûts de maintenance s’en trouvent d’autant réduits. Par ailleurs, la portabilité des sites sur d’autres supports est améliorée.

En d’autres termes, l’accessibilité du web commence dès la phase de conception. Il est donc important de concevoir un site en ayant l’accessibilité à l’esprit. L’ergonomie doit être étudiée avec soin et présider à l’élaboration du projet, depuis sa conception jusqu’à sa réalisation. Il est notamment recommandé, lors de la phase de tests, d’intégrer des personnes handicapées utilisant des aides techniques diversifiées, afin de valider l’accessibilité du site par tous.

L’accessibilité s’inscrit donc dans le cadre d’une démarche qualité dont les utilisateurs, dans leur globalité, tireront tous les bénéfices. Afin de pouvoir accéder à l’information, les déficients visuels ont recours à des aides techniques, se présentant sous la forme de logiciels ou de périphériques rattachés à leur ordinateur. Pour les malvoyants, ce sont des logiciels permettant de grossir les caractères à l’écran ou d’en modifier les couleurs en fonction de la spécificité de leur handicap. Les non-voyants utilisent quant à eux des logiciels communément appelés lecteurs d’écran ou logiciels de revue d’écran, gérant synthèses vocales et/ou plages braille.

L’utilisation des raccourcis clavier est alors substituée à celle de la souris qui, en tant que telle, n’est pas exploitable par un non-voyant. À titre d’exemple, TAB permet de passer de lien en lien, MAJ + TAB, de revenir au lien précédent, etc. Il convient de souligner que, même si les aides techniques incluent leurs propres raccourcis clavier, nombre d’entre eux sont implémentés par les éditeurs de logiciels de manière native et, par conséquent, utilisables par n’importe qui. C’est notamment le cas de Microsoft et de tous ses logiciels.

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