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Neoclyde : un datacenter dernière génération à Besançon

Tech - Par iTPro - Publié le 22 janvier 2013
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En fonctionnement depuis mai 2012, le datacenter Neoclyde est issu du projet Grand Besançon 2015. Ce dernier prévoit notamment le déploiement dans la région d'infrastructures numériques. Neo Telecom et Euclyde se sont donc associés pour créer ce centre de données censé servir le « cloud computing franc-comtois ».

Neoclyde : un datacenter dernière génération à Besançon

Les entreprises de la communauté d’agglomération peuvent en effet désormais accéder à des tarifs préférentiels d’accès internet et d’hébergement en se reliant aux 300 m² d’infrastructures. Seule la première salle, capable d’accueillir une cinquantaine de baies, a pour l’heure été réalisée. À terme, deux autres de même capacité devraient voir le jour.

« Au-delà de construire un datacenter dans une ville que beaucoup ne situe même pas sur une carte, explique Florian du Boys, Directeur Général de Neo Telecom, nous sommes en passe de réussir un pari technologique qui est d’offrir une infrastructure d’hébergement avec une consommation électrique exceptionnellement basse par rapport au reste du marché ».

Malgré une situation géographique intéressante en Europe, l’agglomération de Besançon ne bénéficiait pas d’infrastructures de télécommunication compétitives et les entreprises bisontines ne pouvaient accéder aux services télécoms aux mêmes tarifs que leurs homologues en région parisienne. En plus, les entreprises étaient nombreuses à vouloir « sortir les baies du placard », explique Nicolas Guillaume, consultant indépendant en aménagement numérique du territoire. Les PME ont souvent en interne une ou deux baies planquées quelque part ». Très mal refroidies et situées dans des environnements non sécurisés, les infrastructures font courir un risque critique à leurs propriétaires. 80% des entreprises victimes d’un sinistre (inondation, incendie,…) dépose le bilan en raison de leur incapacité à récupérer les données. Beaucoup de TPE se tournent vers des datacenters pour éviter ce genre de  sinistre. «  Nous fournissons la baie, l’alimentation électrique et le réseau, poursuit Florian Du Boys. Le client choisit ses équipements, les déploie et les administre. Nous lui offrons la sécurité de la plateforme ». Des services IaaS (Infrastructure-as-a-Service) devraient également être prochainement proposés.

« Les entreprises de Franche Comté n’ont pas besoin d’un datacenter à 150 millions d’euros »

Deux des premiers clients du centre, FCNET et Avilog, peuvent aujourd’hui, grâce à l’infrastructure Neoclyde, offrir des services de cloud, de PRA ou de virtualisation. « C’est un enjeu essentiel car il y a beaucoup d’emplois derrière », souligne Florian du Boys, Directeur Général Neo Telecom. Avec seulement deux employés permanents sur le site, le datacenter en lui-même n’est effectivement pas une source importante de création d’emplois. Mais les projets engendrés par la disponibilité de cette infrastructure sont générateurs d’embauches dans la région.

Il faut remonter à 2010 pour trouver la genèse du projet dans lequel la Communauté d’Agglomération du Grand Besançon (CAGB) souhaitait s’engager. L’élément déclencheur était alors le besoin pour la CAGB de faire héberger sa propre infrastructure. Face aux contraintes de temps, Nicolas Guillaume recommande d’abandonner l’idée de concevoir le centre et d’aller chercher un investisseur privé. En mars 2011, la CAGB présente donc son projet qui attire l’attention de Neo Télécom. En association avec Euclyde, l’opérateur annonce en décembre 2011 la construction de Neoclyde. Six mois plus tard, tous les acteurs se réunissent pour l’inauguration du site classé Tier 3+. « Il ne faut pas croire que cela a été plus facile parce que nous sommes en province. Les banques que nous avons sollicitées ne comprennent pas ce que nous réalisons ».

L’investissement financier de l’agglomération est donc nul. La nouvelle société Neoclyde est gérée à 100 % par Neo Telecom et Euclyde. L’agglomération n’est propriétaire que du réseau de fibre optique via un IRU (Indefeasible rights of use), qu’elle loue ensuite à Neoclyde pour l’exploitation. Le centre est connecté à la fibre optique de l’Autoroute Paris Rhin Rhone et au réseau Lumière de la ville (voir encadré).  À Besançon, le transit IP avait été estimé entre 80 euros et 120 euros le Mbps. Un coût aujourd’hui divisé par dix avec l’arrivée de Neoclyde.

Le projet va toutefois bien au-delà de Besançon et de son agglomération. L’objectif poursuivi par Neo Telecom est de créer un véritable maillage de datacenters régionaux, notamment pour permettre la mise en place d’un système de back-up. Six « Neocenters » existent actuellement à Toulouse, Montpellier, Metz, Nancy, Paris et donc Besançon. Un septième devrait être très prochainement annoncé dans le grand ouest. « Il y a une explosion de datacenters à Paris alors que la province a été totalement abandonnée, affirme Florian du Boys. Notre impression est qu’il y a un écart entre la volonté politique et les besoins régionaux. Les entreprises de Franche Comté n’ont pas besoin d’un datacenter de 4 000 m² à 150 millions d’euros. Nous voulons construire des petits centres qui correspondent aux besoins du marché. Et un marché régional, c’est une centaine de baies. Nous conserverons néanmoins le même niveau technique et de service ».

Le premier système EcoBreeze du monde

Le centre n’a effectivement rien d’une infrastructure « low-cost », aussi bien concernant l’alimentation électrique assurée par deux lignes indépendantes, que la sécurité incendie avec extinction automatique par gaz neutre .Neoclyde se paie même le luxe de proposer à ses clients la première implémentation mondiale du système de refroidissement EcoBreeze de Schneider Electric.  Le groupe industriel français a déployé sa nouvelle solution modulaire de Free Cooling Installé à l’extérieur du bâtiment, EcoBreeze peut être adapté à la taille de l’infrastructure en ajoutant plus ou moins de modules. Ces derniers peuvent également, pour gagner de l’espace, être installés sur le toit du bâtiment.

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Le système de refroidissement EcoBreeze de Schneider Electric
permet de diminuer les coûts énergétiques d’environ 30 %.

Si le principe du Free Cooling n’est pas nouveau, Schneider Electric insiste sur le fait que son système permet d’éviter toute pollution extérieure. EcoBreeze est un refroidissement adiabatique (par évaporation), qui utilise l’air frais extérieur pour refroidir l’air chaud du datacenter sans jamais mélanger les deux. Un principe qui permet de refroidir les salles pendant 290 jours par an sans faire appel à un compresseur supplémentaire. EcoBreeze représente 25 % du budget de construction du datacenter, un chiffre dans la norme des systèmes de refroidissement classiques, mais devrait permettre une « réduction des coûts de maintenance et des coûts énergétiques d’environ 30 % », souligne Lionel Gabison, Directeur des opérations de Neo Telecoms.

L’Agglomération de Besançon espère désormais que la mise en place de Neoclyde permettra l’obtention du label “zones d’activité Très haut Débit” par l’ensemble de zones d’activité économique de la Communauté d’Agglomération afin de favoriser encore davantage le développement de l’écosystème numérique franc-comtois.

 

Le réseau Lumière

La ville de Besançon a été une pionnière sur les réseaux fibre optique. Son Réseau Lumière, initié dès 1994, était alors constitué d’une boucle optique pour la desserte de 14 sites de la Ville de Besançon et de l’Université de Franche-Comté. Il comprend aujourd’hui  84 km de câble transportant plus de 1700 km de fibres optiques.

Le réseau dessert actuellement 110 sites appartenant à 9 administrations en passant par les égouts de la ville. « Le réseau est actuellement exploité pour véhiculer de l’imagerie médicale entre les hôpitaux, assurer le transport de données informatiques et des communications téléphoniques, transmettre les images de vidéosurveillance, offrir des accès internet aux étudiants ou usagers des bibliothèques », indique la ville.

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