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Serveurs Moonshot : La « rupture technologique » d’HP

Tech - Par Guillaume Rameaux - Publié le 16 avril 2013
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Dix millions de serveurs d’ici 3 ans. Ce sont, selon HP, les infrastructures nécessaires pour répondre aux besoins croissants en ressources informatiques dans le monde.

Serveurs Moonshot : La « rupture technologique » d’HP

Des machines qui occuperaient la place de 200 terrains de football ou de la surface totale d’une ville comme Manhattan. Pour alimenter et refroidir ces nouveaux centres de données, entre 8 et 10 nouvelles centrales nucléaires devraient être bâties. « Il faut une rupture technologique », résume Mathieu de Fressenel, Directeur de la division serveurs x86 chez HP France. Pour continuer à fournir la puissance informatique nécessaire, la société de Palo Alto lance une nouvelle génération de serveurs ProLiant baptisée Moonshot. Le concept ? Des serveurs sous forme de cartouches, ultra-denses, peu gourmands en énergies et qui s’inscrivent dans une logique applicative. Explications sur ces « Software Defined Servers » avec Matthieu de Fressenel et Matthieu Bonnefoy, Chef de produit serveurs ProLiant.

iTPro.fr : Quelles sont les spécificités de cette nouvelle gamme ?

Matthieu de Fressenel : Les serveurs Moonshot sont des serveurs adaptés à un workload, un usage ou un type d’application très spécifiques, et cela pour permettre des économies d’échelle importantes. En termes de consommation électrique, un Moonshot demande de 20 à 25 watts par serveur au lieu d’environ 250 watts pour un serveur classique. En termes de densité, nous utilisons 80 % d’espace en moins. Dans un rack par exemple, vous mettez aujourd’hui 45 serveurs 1U. Avec Moonshot, vous pourrez montrer jusqu’à 45 cartouches par châssis de 4,3U, ce qui représente 1 800 serveurs par rack.

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Les performances sont-elles également à la hauteur d’un serveur traditionnel ?

Matthieu de Fressenel : Ces serveurs sont issus de technologies grand public et sont donc moins puissants que les serveurs traditionnels. Selon les benchmarks que nous avons réalisés sur l’Intel Atom qui équipe Moonshot, les performances sont deux fois inférieures à celle d’un i3. Vous devez donc mettre deux fois plus de serveurs mais vous êtes 80 % plus dense et consommez 10 fois moins donc le bilan global est favorable.

Nous proposerons bientôt des déclinaisons en fonction des développements réalisés par les constructeurs partenaires. Il y aura des cartouches équipées de processeurs Intel, ARM, Calxeda, Texas Instrument,… L’intérêt est d’être capable de lancer des nouveaux serveurs tous les 3 mois alors que le temps de développement d’un serveur est normalement de 18 à 24 mois.

Faudra-t-il aussi changer ses cartouches plus rapidement ?

Matthieu de Fressenel : Pas forcément puisque le client va qualifier son serveur pour un applicatif et un besoin précis. De plus en plus de besoins vont être couverts par les nouvelles cartouches et quand nous lancerons ces cartouches, nous indiquerons à quel type d’usage elles pourront répondre.

Une telle densité ne pose-t-elle pas de problèmes de refroidissement ?

Matthieu de Fressenel : Un rack rempli de cartouche, c’est une puissance de 6 kW. Dans un datacenter, le refroidissement va de 2 à 3 kilowatts (kW) par rack jusqu’à 7 kW ou 10 kW pour les plus sophistiqués. En fonction des contraintes du datacenter, il faudra donc jouer sur la densité mais on peut remplir un rack complet dans un centre correctement équipé.

Matthieu Bonnefoy : Les serveurs Moonshot embarquent des processeurs à consommation extrêmes basses semblables à ce qu’on trouve dans les smartphones et tablettes donc la densité est compensée par une faible dissipation de chaleur. On peut utiliser un rack tout à fait traditionnel. 

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Les cartouches sont-elles simples à intégrer ou à remplacer ?

Matthieu Bonnefoy : Le châssis se remplit par le dessus. Pour effectuer un remplacement, vous sortez le châssis et il y a deux clips sur le côté des cartouches pour la retirer très simplement.

Ces nouveaux serveurs dédiés à un besoin précis, rapides à déployer et simples à intégrer peuvent-ils concurrencer les serveurs virtuels ?

Matthieu Bonnefoy : Un serveur Moonshot va effectivement venir en concurrence avec des déploiements  de machines virtuelles. La simplicité de déploiement et les échelles importantes risquent d’intéresser des clients avec des parcs importants de machines virtuelles et qui rencontrent des problèmes de licencing. On commence à sentir un phénomène de retour à des machines physiques plus simples à administrer et qui permettent d’économiser des coûts de licencing qui deviennent exorbitants dans les environnements virtuels.

Quel est le coût de ces nouvelles infrastructures ?

Mathieu de Fressenel : Le prix public pour 45 cartouches avec les éléments réseaux est de 50605 euros. Ce sera disponible au début du mois de mai en Europe.

Quelles sont les entreprises ciblées et pour quels types d’utilisation ?

Matthieu de Fressenel : Nous ciblons les entreprises qui ont un besoin de déploiement significatif. Il faut plusieurs centaines de serveurs pour que cela soit totalement pertinent. L’application type pour l’heure est le serveur web. En septembre, nous proposerons d’autres versions pour le web hosting dynamique, l’analytique et le calcul intensif. Nous pouvons également mettre au point des déclinaisons spécifiques pour des clients qui souhaiteraient un développement sur-mesure pour répondre à un besoin particulier. 

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Quelles sont les ambitions d’HP avec Moonshot ?

Matthieu de Fressenel : D’ici 3 ans, nous espérons couvrir 15 à 20 % du marché en répondant dans un premier temps à des besoins nouveaux de service provider, d’hébergeurs, ou de fermes de calcul.

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