> Data > Utilities : la résilience des réseaux devient prioritaire face à la pression énergétique

Utilities : la résilience des réseaux devient prioritaire face à la pression énergétique

Data - Par Sabine Terrey - Publié le 30 septembre 2026

Longtemps guidées par la décarbonation, les stratégies d’investissement des entreprises de l’énergie et des utilities évoluent. Face au vieillissement des infrastructures, à l’explosion de la demande électrique et aux impératifs d’accessibilité tarifaire, la fiabilité des réseaux, la gestion des actifs et l’IA industrielle s’imposent désormais comme des leviers majeurs de transformation.

Utilities : la résilience des réseaux devient prioritaire face à la pression énergétique

Des réseaux électriques sous tension

Le secteur mondial de l’énergie et des utilities entre dans une nouvelle phase. La transition énergétique reste structurante, mais elle ne peut plus être pensée indépendamment de contraintes opérationnelles immédiates : infrastructures vieillissantes, événements météorologiques extrêmes, hausse des besoins liée à l’électrification et consommation croissante des data centers.

Une étude internationale réalisée par Censuswide pour IFS auprès de 850 dirigeants et cadres supérieurs du secteur met en lumière ce rééquilibrage. Les utilities doivent simultanément assurer la continuité de service, contenir les coûts pour les usagers, respecter les exigences réglementaires et préparer l’intégration de nouvelles capacités de production bas carbone.

Dans ce contexte, le renforcement de la fiabilité des réseaux existants devient la première priorité opérationnelle. Les cybermenaces et les aléas climatiques poussent les opérateurs à revoir leurs arbitrages. Près de 26% des organisations réévaluent activement leur portefeuille d’actifs afin de flécher les investissements vers les infrastructures de réseau déjà en place.

Carol Johnston, VP Energy & Utilities chez IFS, résume cette évolution : « Fiabilité, résilience et accessibilité financière doivent être traitées simultanément. » Cette approche tranche avec une logique dans laquelle les investissements de décarbonation pouvaient être envisagés séparément des enjeux de disponibilité et de robustesse du réseau.

L’IA industrielle au service des opérations

L’IA industrielle devient une brique technologique centrale pour moderniser les utilities. Son rôle ne se limite pas à automatiser certaines tâches : elle doit aider les opérateurs à rapprocher des systèmes historiquement fragmentés, analyser les données d’exploitation et anticiper les incidents avant qu’ils ne provoquent une interruption de service.

L’étude souligne que 57% des dirigeants considèrent l’intelligence artificielle comme essentielle à la réduction des coûts opérationnels. Pour 47%, elle est aussi déterminante pour optimiser les performances des actifs et absorber la croissance de la demande liée à l’électrification.

Dans les réseaux électriques, la valeur de l’IA repose notamment sur la maintenance prédictive. En détectant les signaux faibles d’une défaillance sur un équipement critique, les entreprises peuvent programmer une intervention avant la panne, limiter les indisponibilités et mieux mobiliser leurs équipes terrain. Cette logique permet également d’améliorer le retour sur investissement des infrastructures existantes.

« Les utilities ne peuvent pas répondre aux défis actuels en investissant uniquement dans de nouvelles infrastructures », estime Carol Johnston. « L’IA industrielle fournit l’intelligence décisionnelle nécessaire pour optimiser les performances des actifs et maintenir la fiabilité des services. »

La gestion des actifs, chantier prioritaire

La transformation numérique des utilities reste toutefois freinée par une difficulté persistante : la fragmentation des données. Près d’un répondant sur deux, soit 49%, cite les silos de données opérationnelles comme un obstacle à la prise de décision en temps réel.

Ce constat se reflète dans le niveau de maturité de la gestion du cycle de vie des actifs. Seuls 33% des répondants jugent leurs capacités avancées. À l’inverse, 51% indiquent disposer de systèmes de gestion des actifs encore cloisonnés, avec des fonctions prédictives limitées.

La modernisation passe donc par une vision unifiée des équipements, de leur état, de leur historique de maintenance et de leur contribution aux objectifs opérationnels. Pour les utilities, l’enjeu consiste à transformer la donnée issue du terrain en décisions concrètes : priorisation des investissements, planification des interventions, conformité réglementaire et amélioration de l’expérience client.

Stockage, DERMS et nouvelles productions

La résilience des réseaux ne dépend pas uniquement de la rénovation des infrastructures historiques. Les utilities accélèrent aussi sur les systèmes de stockage d’énergie par batteries, ou BESS, et sur les plateformes de gestion des ressources énergétiques distribuées, les DERMS. Ces technologies apportent davantage de flexibilité pour gérer les pics de demande, intégrer les renouvelables et réduire le risque d’interruptions prolongées.

À plus long terme, les décideurs identifient la géothermie avancée, citée par 22% d’entre eux, et les petits réacteurs modulaires, ou SMR, mentionnés par 18%, comme des options susceptibles de renforcer une production électrique propre et continue. Enfin, 46% estiment que l’IA est essentielle pour accélérer l’intégration des énergies renouvelables et des ressources distribuées.

Pour le secteur des utilities, la priorité n’est donc plus l’adoption technologique pour elle-même. Elle consiste à associer IA industrielle, gestion modernisée des actifs et investissements réseau afin de garantir une énergie plus fiable, plus accessible et capable d’accompagner les besoins de demain.

 

 

Source : Etude mondiale IFS menée par Censuswide auprès de 850 dirigeants et cadres supérieurs du secteur des utilities

 

Ressources commplémentaires sur iTPro.fr

 

L’usine du futur : propager l’IA à travers les réseaux d’infrastructure optique

 

Adaptation climatique : les entreprises accélèrent, mais peinent à mesurer l’impact financier

Téléchargez cette ressource

Sécuriser Microsoft 365 avec une approche Zero-Trust

Sécuriser Microsoft 365 avec une approche Zero-Trust

Découvrez comment renforcer la cyber-résilience de Microsoft 365 grâce à une approche Zero-Trust, une administration granulaire et une automatisation avancée. La technologie Virtual Tenant de CoreView permet de sécuriser et simplifier la gestion des environnements complexes, tout en complétant vos stratégies IAM, y compris dans les secteurs réglementés.

Les plus consultés sur iTPro.fr

A lire aussi sur le site

À la une de la chaîne Data