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Infrastructures critiques : la France redoute les attaques dopées à l’IA, mais peine à unifier sa sécurité IT/OT

Sécurité - Par Sabine Terrey - Publié le 20 octobre 2026

La cybersécurité des infrastructures critiques françaises entre dans une phase de tension inédite. Selon le premier State of Critical Infrastructure Cybersecurity Report de Palo Alto Networks, réalisé avec Sapio Research auprès de plus de 1 600 responsables de sécurité dans 11 pays, 99% des décideurs français redoutent les attaques menées avec des modèles d’IA de pointe, les « Frontier AI ». Pourtant, seuls 21% ont pleinement unifié la sécurité de leurs environnements IT et OT.

Infrastructures critiques : la France redoute les attaques dopées à l’IA, mais peine à unifier sa sécurité IT/OT

Des incidents aux effets opérationnels directs

Le constat est sans appel : 61% des organisations françaises ont subi, au cours des douze derniers mois, un incident de sécurité ayant affecté leurs opérations. Près d’un quart (23%) en a même connu plusieurs.

Ces attaques ne se limitent pas à des perturbations informatiques. En France, 57% (50% Monde) citent en premier les risques pour la sûreté physique des personnes, devant les interruptions de production (51%), les pertes financières (42%) et les tensions sur la chaîne d’approvisionnement (41%).

L’enjeu économique est également lourd : une heure d’arrêt non planifié sur le site ou l’activité la plus critique coûte en moyenne 230 000 euros aux organisations françaises.

L’IA offensive, première source d’inquiétude

La France affiche l’un des niveaux d’inquiétude les plus élevés face aux attaques assistées par Frontier AI : 99% des décideurs s’en disent préoccupés, contre 95% au niveau mondial. Surtout, 23% se déclarent « extrêmement préoccupés », contre 15% dans le monde et seulement 9% en Allemagne.

Ce pessimisme s’accompagne d’un doute sur la riposte. Si 83% des Français attendent des solutions de cybersécurité fondées sur l’IA qu’elles contribuent à contrer ces menaces, ils restent plus sceptiques que la moyenne mondiale (91%).

« L’accès généralisé aux IA avancées change définitivement la vitesse à laquelle les menaces opèrent », explique Raphaël Marichez, CSO France et Europe du Sud chez Palo Alto Networks. Selon lui, corriger un contrôleur d’automate ou l’interface d’un équipement médical peut prendre des semaines, alors que l’exploitation d’une vulnérabilité peut survenir en quelques heures.

IT et OT : une convergence encore trop lente

La principale faiblesse française réside dans la fragmentation des équipes. Seules 21% des organisations gèrent la sécurité IT et OT comme une fonction unique et intégrée, contre 26% au niveau mondial. Par ailleurs, 28% maintiennent encore une organisation séparée ou partiellement séparée.

La spécificité française tient au budget : 40% des répondants identifient la responsabilité des financements comme le premier frein à la collaboration entre IT et OT, contre 32% au niveau mondial. Ailleurs, les incompatibilités technologiques et les divergences de priorités dominent.

Pour accélérer la convergence, les organisations françaises privilégient les tableaux de bord de performance partagés (46%) et une plateforme SOC unifiée (45%).

Une meilleure visibilité, mais une réponse trop lente

La France présente toutefois un point fort : 39% des organisations déclarent disposer d’une visibilité complète et en temps réel sur les actifs connectés à leur réseau OT, contre 32% au niveau mondial. Les systèmes industriels hérités posent moins souvent problème qu’ailleurs, avec 39% de répondants français les citant comme un défi, contre 52% dans le monde.

En revanche, la capacité à réagir immédiatement reste insuffisante. Seuls 31% des organisations françaises déploient des correctifs virtuels ou des contrôles compensatoires pour leurs actifs vulnérables, et 33% surveillent en continu leur trafic 5G/LTE privé.

Résultat : seuls 11% parviennent à contenir un incident en quelques minutes grâce à l’automatisation. La majorité, 61%, a besoin de plusieurs heures. Pourtant, 57% des organisations françaises visent désormais un confinement automatisé en quelques minutes d’ici douze mois.

Vers une protection à la vitesse machine

Les menaces géopolitiques et étatiques pèsent également davantage dans l’esprit des décideurs français : 29% citent l’instabilité géopolitique parmi les principaux risques, 24% les menaces étatiques et 37% les appareils mobiles personnels.

La prise de conscience se traduit par des investissements : 88% des organisations françaises prévoient d’augmenter leurs dépenses de cybersécurité pour les infrastructures critiques au cours des deux prochaines années, contre 83% au niveau mondial.

Reste à transformer ces budgets en une défense réellement unifiée. Pour les infrastructures critiques, l’enjeu n’est plus seulement de détecter plus vite : il s’agit de protéger des environnements industriels et médicaux à la vitesse à laquelle l’IA permet désormais aux attaquants d’agir.

 

Source : Étude Palo Alto Networks – Entre juillet et août 2026 – 1 600 décideurs en cybersécurité, sécurité OT, sécurité réseau et technologies des infrastructures critiques. 11 pays : États-Unis, Canada, Royaume-Uni, Allemagne, France, Italie, Chine, Japon, Singapour, Australie / Nouvelle-

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