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L’IA transforme la modernisation IT en enjeu stratégique d’entreprise

Enjeux IT - Par Sabine Terrey - Publié le 02 octobre 2026

L’intelligence artificielle ne pousse plus les entreprises à simplement remplacer leurs systèmes historiques. Selon le rapport mondial 2026 de Kyndryl, elle les conduit au contraire à enrichir leurs environnements IT hybrides, à revoir leur gouvernance et à arbitrer entre performance, résilience, souveraineté et innovation. En France, le décalage entre ambitions et exécution apparaît particulièrement net.

L’IA transforme la modernisation IT en enjeu stratégique d’entreprise

La modernisation IT sort du seul périmètre technologique

La modernisation IT était autrefois largement associée à la réduction du parc applicatif, à la migration vers le cloud ou au retrait progressif des environnements historiques. Cette vision devient insuffisante. Dans son premier rapport mondial consacré au sujet, Kyndryl décrit une mutation plus profonde : la modernisation devient un exercice d’orchestration des ressources technologiques à l’échelle de toute l’entreprise.

L’étude, conduite auprès de 2 000 dirigeants métiers et responsables technologiques sur cinq continents et dans douze secteurs, montre que les entreprises doivent désormais concilier plusieurs impératifs. Adoption de l’IA, cybersécurité, cyber-résilience, continuité d’activité, conformité, maîtrise des coûts et attentes de croissance se superposent dans les feuilles de route des DSI.

« L’IA ouvre de nouvelles possibilités et renforce les attentes quant aux résultats que la technologie doit apporter à l’entreprise », souligne Martin Schroeter, président-directeur général de Kyndryl. « Moderniser, c’est se préparer à l’avenir. »

Cette évolution redistribue aussi la gouvernance des projets. La modernisation ne relève plus exclusivement des DSI et des CTO : directions financières, fonctions de conformité, responsables métier et conseils d’administration participent désormais aux décisions. Le rapport identifie neuf catégories d’acteurs impliqués, signe que les arbitrages technologiques sont devenus des choix stratégiques.

L’IA accélère la complexité des environnements hybrides

Contrairement à l’idée d’une convergence vers une plateforme unique, l’essor de l’IA favorise la coexistence de multiples environnements. Les applications critiques se répartissent désormais entre cloud public, cloud privé, infrastructures sur site et mainframes. L’entreprise hybride s’impose donc comme un modèle durable.

L’IA constitue le premier facteur d’augmentation des usages du mainframe et de l’edge computing. Elle arrive également en tête des motifs de modernisation des réseaux et des portefeuilles applicatifs. Elle représente enfin le deuxième moteur de développement du SaaS et du cloud privé.

Cette dynamique est particulièrement visible dans l’Hexagone. En France, 40% placent le développement de capacités avancées d’intelligence artificielle parmi leurs trois principales raisons de moderniser, contre 34% au niveau mondial. Toutes les entreprises interrogées qui disposent d’un mainframe prévoient par ailleurs d’y intégrer des usages d’IA.

Le défi n’est donc pas de supprimer systématiquement les technologies existantes, mais de les connecter, de les sécuriser et de les exploiter là où elles produisent le plus de valeur. Cette approche nécessite une cartographie fine des dépendances applicatives, un domaine dans lequel les organisations restent fragiles : seules 9% déclarent en avoir une compréhension complète, tandis qu’un quart reconnaît disposer de nombreuses applications non documentées.

La France accuse un retard marqué

Les ambitions de modernisation se heurtent toutefois à des difficultés d’exécution. À l’échelle mondiale, 48% des entreprises déclarent être en retard sur leurs objectifs. En France, la proportion grimpe à 61%. Or, le coût de l’inaction est élevé : 98% des organisations ayant reporté leurs chantiers de modernisation disent avoir subi des conséquences négatives sur leur activité.

Les perturbations opérationnelles constituent l’un des principaux freins. En France, 59% citent les risques de retards, d’interruptions de service ou de désorganisation pendant les projets comme un obstacle majeur, contre 44% dans le monde. Ces résultats illustrent la tension entre la nécessité de transformer rapidement le système d’information et l’obligation de préserver les opérations quotidiennes.

L’IA agentique pourrait contribuer à réduire cet écart. Ces systèmes capables de planifier et d’exécuter de manière autonome certaines séquences de travail sont déjà utilisés en production par 10% des organisations pour leurs projets de modernisation. Ils interviennent notamment dans la cartographie des dépendances, la conversion de code ou la génération de documentation technique.

Les entreprises ayant déployé cette technologie affichent une meilleure trajectoire : 67% se disent en avance ou dans les temps sur leurs objectifs, contre 51% des autres organisations. L’IA agentique ne remplace pas la gouvernance humaine, mais elle peut automatiser des tâches complexes, répétitives et gourmandes en compétences rares.

Souveraineté et résilience entrent dans l’équation

La modernisation IT ne se résume plus à un choix entre cloud et infrastructures internes. Les contraintes géopolitiques, réglementaires et de souveraineté modifient les critères de localisation des données, des applications et des services.

Si 65% des entreprises abordent encore la souveraineté de façon sélective ou principalement sous l’angle de la conformité, 63% anticipent une hausse de l’usage du cloud souverain. En France, ce chiffre atteint 67%. Parallèlement, 55% prévoient que les exigences de souveraineté et de réglementation pèseront davantage sur les architectures réseau.

Le rapport de Kyndryl dessine ainsi une modernisation IT moins linéaire, mais plus stratégique. L’enjeu pour les entreprises françaises sera de transformer la complexité de leurs environnements hybrides en capacité d’innovation, sans sacrifier la résilience, la maîtrise des risques ni la continuité opérationnelle.

 

Source : Etude Kyndryl – Rapport mondial sur la Modernisation

 

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Secteur public : l’IA accélère la modernisation des infrastructures

Une nouvelle ère de la modernisation du mainframe

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