Partagé entre l’informatique et la musique, Vincent Blachier voulait faire carrière dans une entreprise partageant ses valeurs. En poste chez Bayard depuis 19 ans, il relève les défis de la transformation digitale.
Un DSI autant attaché à son Groupe qu’à l’informatique
« Dès le premier numéro d’Okapi, je me suis abonné, avoue Vincent Blachier, DSI du Groupe de presse et d’édition Bayard. En d’autres termes, je baigne dans les publications de Bayard depuis l’enfance et quand j’ai eu l’opportunité de rejoindre le Groupe, je n’ai pas hésité ». Ingénieur diplômé de l’Ecole Centrale de Paris en option mathématiques appliquées, Vincent Blachier est aussi un violoniste amateur, exerçant ses talents de musicien dans deux orchestres dont l’orchestre symphonique Paris rive droite.
Partager les valeurs du Groupe
Après une première expérience de chef de projet informatique chez Solvay, il rejoint France Loisirs en 1991 en tant que Directeur Audit et Organisation, et fait alors le choix… de ne pas choisir entre les deux passions de sa vie : sa carrière d’informaticien, il l’exerce depuis au sein d’entreprises à vocation culturelle.

Après sept années passées chez France Loisirs, il rejoint le Groupe Bayard en 1998 pour prendre en charge la direction des abonnements, puis la direction des SI de gestion et du contrôle de gestion, avant de devenir DSI du groupe en mai 2010. « Quand on m’a proposé le poste de DSI, j’ai bien entendu été très excité, explique-t-il. Je connaissais déjà beaucoup des métiers de l’entreprise et je me retrouvais à la tête d’équipes importantes. Pour autant, la fonction DSI n’était pas une finalité, juste un glissement professionnel progressif et somme toute assez logique. Pour moi, il est plus important de travailler dans un Groupe dont je partage les valeurs avec une volonté de se développer dans la pérennité que d’aller explorer d’autres facettes du métier de DSI dans des entreprises qui ne me correspondent pas ».
Développer l’esprit start-up
Coté pérennité, Vincent Blachier est servi. Né à la fin du XIXème siècle, le Groupe Bayard compte, aujourd’hui, plus de 150 magazines coté presse, plus de 5000 titres coté édition et gère plus de 150 sites Web ainsi qu’une ligne de produits numériques pour enfants. Affichant une politique pluri-medias, il réfléchit comme beaucoup de groupe de presse à l’avenir des contenus, cherchant des relais de croissance dans la monétisation, le rachat de sociétés pour acquérir une dimension internationale ou encore les services rendus aux lecteurs.
« Dans une certaine mesure, je suis autant attaché à Bayard qu’à mon poste de DSI, l’informatique étant un moyen pour s’impliquer dans le développement d’une société », ajoute Vincent Blachier. Un point de vue plutôt original, les DSI d’aujourd’hui étant devenus très mobiles, évoluant au sein des entreprises au gré des défis engendrés par la transformation numérique.
Une particularité complètement assumée par Vincent Blachier : « Je ne m’inscris pas forcément dans la société du zapping. Pour autant, je suis confronté aux mêmes défis que n’importe quel autre DSI. Développer l’esprit start-up dans un Groupe qui a plus d’un siècle, organiser la rencontre entre les contenus et le lecteur, réviser les objectifs et les adapter régulièrement à la situation, remettre en cause sa façon de penser, réduire la fracture historique avec l’utilisateur, gagner en agilité… C’est un métier passionnant et très prenant, avec des expériences à tenter et des intuitions à avoir ».
Le nouveau Directoire qui vient d’être nommé réfléchit à la nouvelle gouvernance du groupe, annoncée en septembre. Vincent Blachier reconnait que l’intégration de la DSI à la réflexion stratégique est importante : « Autrefois nous étions de simples exécutants. Aujourd’hui, nous sommes des acteurs de la transformation, nous devons donc pouvoir réfléchir avec les patrons éditoriaux en étant force de proposition et en apportant notre savoir technologique. En théorie, c’est évident. En pratique, c’est difficile de s’abstraire de son quotidien de DSI. Il faut s’efforcer de déléguer toujours plus et de s’appuyer davantage sur les chefs de service, mais certains projets sont mes bébés alors parfois c’est dur de lâcher prise… ».
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