Linux et Windows rendent abstraite l’interface du système de fichiers entre le kernel et le matériel, en utilisant des drivers de système de fichiers. Cette abstraction permet au kernel d’offrir une interface standardisée que l’on peut facilement modifier pour l’adapter à de nouvelles technologies. (En réalité, Linux permet l’accès aux
Le système de fichiers Linux
anciens et aux nouveaux systèmes de fichiers, y compris Linux ext2 et ext3 et DOS FAT, entre autres.) En général, on n’a pas à se préoccuper de la manière dont Linux stocke et extrait des données sur disque.
Cependant, il faut savoir comment monter les systèmes de fichiers (c’est-à-dire, les mettre à disposition des utilisateurs) et comment tester et réparer des systèmes de fichiers endommagés. En outre, il faut avoir une bonne notion de la manière d’appliquer les permissions aux répertoires et aux fichiers. Quand on monte un système de fichiers dans Linux, on l’attache au système de fichiers racine afin que les utilisateurs et les applications puissent y accéder. Tant qu’on n’a pas monté le système de fichiers, on ne peut pas accéder aux fichiers qui s’y trouvent. A cet égard, Windows se comporte différemment : quand Windows détecte un disque avec un type de système de fichiers connu, il rend immédiatement le disque disponible sous la forme d’un lecteur lettré.
(Windows Server 2003, Windows XP et Windows 2000 Server permettent aussi le montage des systèmes de fichiers, afin que vous puissiez étendre la taille d’un lecteur lettré courant en montant un nouveau disque sur un répertoire de ce lecteur.) Pour monter un système de fichiers, on utilise la commande mount comme dans l’exemple suivant :
# mount /dev/cdrom /mnt/cdrom
Cette commande monte le système de fichiers qui se trouve sur le disque dans le lecteur de CD-ROM, vers le répertoire /mnt/cdrom (/dev/cdrom désigne simplement le lecteur de CD-ROM concerné). Une fois le système de fichiers monté, on peut accéder au CD-ROM au moyen de /mnt/cdrom.
Quand on en a fini avec le système de fichiers, il faut le démonter. La commande unmount sert à cela :
# unmount /mnt/cdrom
Linux reconnaît aussi les systèmes de fichiers FAT et FAT32 et supporte NTFS. Ce support n’est d’ailleurs pas très fiable, ce qui n’est pas très grave parce que la plupart des serveurs de production ne sont pas à double initialisation et par conséquent ne partagent pas les systèmes de fichiers NTFS.
Dans Windows, on peut associer un système de fichiers Server Message Block/Common Internet File System (SMB/CIFS) distant à une lettre de lecteur local en exécutant la commande
C:\ net use x: \\fileserver\files
Dans Linux, on peut monter un système de fichiers NTFS de la même manière, grâce à la commande mount :
# mount fileserver:/files /mnt/files
La plupart des distributions Linux modernes permettent aussi de monter facilement un système de fichiers SMB/CIFS, à l’aide de la commande
# mount -t smbfs //fileserver/files
/mnt/files
(La commande occupe deux lignes ici par simple manque d’espace.) Cette commande monte le type de système de fichiers SMB (-t smbfs) à partir du serveur Windows et le share //fileserver/files (qui en Windows serait \\fileserver\ files) sur le point de montage local /mnt/files.
L’opération de montage peut être automatisée en grande partie. On peut même demander au système de monter automatiquement un ensemble de systèmes de fichiers au démarrage du système. Le fichier /etc/fstab contient des informations sur les lecteurs, les points de montage, les types de systèmes de fichiers, et sur la manière de rechercher des erreurs. En peuplant ce fichier avec l’information appropriée, on peut confier au système le soin d’effectuer la plupart des montages des systèmes de fichiers.
Une entrée dans /etc/fstab ressemble à celle de la figure 1. Cette entrée indique que /dev/cdrom devrait être monté sur /mnt/cdrom, Linux devrait déterminer le système de fichiers utilisé (auto) et le système de fichiers devrait être monté en lecture seule (ro, read-only). Les deux dernières entrées (0 et 2) sont liées à la commande dump system et ne sont pas importantes ici – en général, contentez-vous d’utiliser le paramétrage de la figure 1.
On peut monter et démonter le CD-ROM en ne spécifiant que le répertoire, comme ceci :
# mount /mnt/cdrom
# umount /mnt/cdrom
Linux montera le CD-ROM au moment de l’initialisation du système. Si vous ajoutez de nouveaux disques au système Linux, vous commencerez par les formater à l’aide de la commande mkfs.ext3 (similaire à la commande DOS Format), puis vous placerez l’entrée du lecteur dans /etc/fstab afin que le système de fichiers soit disponible au moment où le système s’initialise.
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