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Souveraineté des données : bâtir un stockage hybride adapté à l’ère de l’IA

Cloud - Par iTPro - Publié le 26 août 2026

La souveraineté des données est passée d'un simple enjeu de conformité à une priorité stratégique pour les directions d'entreprise. Les évolutions géopolitiques, le renforcement des réglementations et l'essor des charges de travail liées à l'IA obligent les organisations à répondre à une problématique jusqu'ici théorique : comment garantir la résidence locale des données dans des architectures conçues, par nature, pour être distribuées et mondialisées ?

Souveraineté des données : bâtir un stockage hybride adapté à l’ère de l’IA

Pour les organisations françaises, l’enjeu consiste moins à opposer cloud public et infrastructures privées qu’à déterminer où placer chaque donnée, selon les exigences de performance, de coût, de localisation, de gouvernance et de conformité.

Nicolas Frapard, EMEA Regional Lead, WD analyse le sujet.

La souveraineté devient un choix d’architecture

Le marché du cloud souverain gagne en maturité en France[1], mais la notion de souveraineté recouvre encore des réalités différentes selon les fournisseurs, les juridictions et les modèles de déploiement. Les organisations ont donc intérêt à clarifier où les données résident, à quelle juridiction elles sont soumises et comment ces engagements sont traduits contractuellement.

En France, cette réflexion s’appuie sur des repères précis : la qualification identifie des offres cloud de confiance pour les données sensibles et la réglementation française rappelle l’importance de connaître la localisation effective des données et d’encadrer les transferts hors de l’Union européenne. La souveraineté n’impose pas une architecture unique, mais un niveau de maîtrise adapté à la nature des données.

Cette approche devient d’autant plus structurante avec l’essor de l’IA. Selon IDC[2], les environnements administrés par les entreprises devraient représenter près de 90 % de la capacité de stockage installée dans le monde d’ici 2030, tandis que la production annuelle mondiale de données atteindrait 718 zettaoctets. Le stockage devient une composante à planifier dans la durée, non plus une ressource à provisionner au fil des besoins.

Adapter le stockage au cycle de vie des données d’IA

Toutes les données liées à l’IA n’ont ni la même valeur ni les mêmes contraintes techniques : préparation, entraînement, inférence et archivage sollicitent l’infrastructure différemment. Certaines charges privilégient une faible latence et un débit élevé, d’autres une capacité massive et un coût maîtrisé.

Une architecture par niveaux permet d’associer chaque charge de travail au support le plus adapté. Le flash répond bien aux usages sensibles à la latence, tandis que les disques durs à haute capacité gardent un rôle central pour les grands volumes, les data lakes et les archives de long terme. Cette hiérarchisation facilite aussi la gouvernance : les données peuvent être classées selon leur sensibilité, leur fréquence d’accès ou leurs contraintes de localisation, puis orientées vers l’environnement le plus adapté.

 

Nicolas Frapard, EMEA Regional Lead, WD

Nicolas Frapard, EMEA Regional Lead, WD

 

Cloud public et infrastructures locales : des rôles complémentaires

Le modèle hybride permet d’articuler des environnements aux propriétés différentes. Le cloud public apporte de l’élasticité pour absorber des pics de calcul ou exécuter certaines charges de travail d’IA. Les infrastructures privées, régionales ou sur site, offrent davantage de contrôle sur la localisation, la gouvernance et la prévisibilité des coûts pour les données conservées durablement.

Le stockage local haute densité, notamment fondé sur des HDD de grande capacité, constitue une base stable pour conserver de grands volumes de données sous le contrôle direct de l’organisation. L’objectif n’est pas de limiter les usages du cloud, mais d’utiliser son élasticité là où elle crée le plus de valeur, tout en maintenant d’autres données dans des environnements répondant à des exigences spécifiques de maîtrise ou de souveraineté.

Pour les équipes IT, le principal enjeu devient l’orchestration de ces niveaux : déplacer, répliquer ou archiver les données selon leur usage, tout en conservant des politiques cohérentes d’accès, de sécurité et de localisation.

Concevoir une infrastructure durable

L’IA accélère le rythme auquel les infrastructures évoluent, tout en augmentant la durée d’utilité potentielle des données : des informations produites aujourd’hui peuvent être réutilisées plusieurs années plus tard pour de nouveaux entraînements, des audits ou des analyses, et leur localisation ou leurs obligations associées peuvent elles aussi évoluer.

Dans ce contexte, la souveraineté gagne à être intégrée dès la conception, au même titre que la performance, la capacité, la résilience et le coût total de possession. Pour les organisations qui industrialisent leurs usages de l’IA, la priorité est de conserver assez de flexibilité pour faire évoluer l’infrastructure avec les volumes et les exigences de gouvernance, tout en affectant chaque donnée au niveau de stockage le plus adapté.

 

 

[1] Source : DINUM, “L’État accélère sa transition cloud et se tourne résolument vers des offres européennes souveraines”, 26 mars 2026 disponible sous ce lien.

[2] Source : Rapport IDC disponible sous ce lien.

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