«Dès qu’on évoque la notion de transformation digitale des entreprises, il faut parler besoin, c’est la première des choses à faire » souligne Jacques Benassis, responsable National de l’offre End user Computing et de l’activité conseil associée chez Sogeti.
Avant toute transformation, il faut parler usages et besoins
La première démarche concerne donc les usages et les besoins. Explications.
Quels usages et besoins ?
Analyser les besoins, identifier les populations et définir la trajectoire la plus pertinente pour chacune d’entre elles, telle est la démarche. La technologie pour la technologie ne fait pas avancer les processus. En fonction des usages et besoins métiers, des solutions bien ciblées peuvent apporter de la valeur, et « aller potentiellement vers le digital, mais ce n’est pas une fin en soi » précise Jacques Benassis.
Si le digital semble aujourd’hui une nécessité, il faut se poser les bonnes questions et instaurer une vraie relation économique « beaucoup de projets ont tenté de démarrer et ne sont pas arrivés à terme ». L’adoption du besoin par le métier est essentielle, et la mise en œuvre des solutions doit être économiquement jouable.
Un autre monde : les services
D’un monde à postes de travail classiques, on passe à un monde à plusieurs modèles. « Si les entreprises comprennent cette approche, elles n’ont pas toutes le même niveau de maturité » commente Jacques Benassis. Les choix sont souvent liés aux business métiers, d’autres se tournent vers le digital pour aborder les problèmes différemment. Le contexte évoluant sans cesse, il faut tester ses capacités à être plus réactif et agile pour utiliser à bon escient les dernières versions et déployer telle ou telle technologie.
« Se rendre plus agile dans son IT et dans ce qu’on propose et livre aux utilisateurs ». La partie visible est le poste de travail « c’est le catalysateur de ce qu’on perçoit », mais les aspects liés aux services, souvent à connotation Cloud, sont importants. « Le digital n’est pas que le device, mais comprend tous les services associés pour apporter de la valeur aux métiers » ajoute Jacques Benassis.
Aujourd’hui, le pouvoir est entre les mains des métiers, donc, au regard des dernières migrations forcées, l’IT se doit d’évoluer pour garder son rôle. Rôle de conseil, de prospective, de veille, de fournisseur du bon service, de maîtrise et contrôle de la partie sécurité pour la bonne gestion de l’entreprise. Le DSI devient prescripteur de solutions pour les métiers et se tourne vers ‘le service sur étagère’ dans un intérêt d’élasticité et de réactivité.
L’accompagnement vers le digital
Comprendre les nouveaux concepts passe par un long processus de sensibilisation, qui peut aller du Directeur de l’Innovation aux opérationnels, d’où l’importance de l’accompagnement. Pour preuve, le Big Data est une chose, mais ce qui est intéressant c’est de comprendre le smart data. La valeur de la donnée pour l’entreprise devient désormais le sujet.
Les comptes intermédiaires montrent leur intérêt pour le digital, « c’est plus tactique car cela correspond à un vrai besoin, ils vont rechercher cette valeur, pour un apport fonctionnel ». Comment valoriser le projet auprès des métiers ? Au-delà d’un changement purement technique ou simple migration, il est primordial d’ouvrir le débat et insister sur la valeur des futurs environnements qui fourniront des services supplémentaires.
Comment passer d’un modèle classique à un nouveau modèle potentiellement porteur de valeur ? A ce niveau, des changements internes de l’IT interviennent, pour maintenir pertinence et performance face à la concurrence. La gestion de la transformation et du changement amène les utilisateurs et l’IT à appréhender ce nouveau mode de fonctionnement, au travers de communications écrites et visuelles, formations et accompagnement au quotidien, « ce n’est pas un Big Bang, on envisage une démarche progressive didactique » explique Jacques Benassis.
Il faut démystifier le changement et le nouvel environnement, et le montrer concrètement. Comme il s’agit avant tout d’un projet entreprise, il est donc nécessaire d’obtenir un sponsoring fort.
La réussite des projets
Pour réussir les projets de transformation, trois éléments sont essentiels à savoir avoir des solutions technologiques qui fonctionnent, savoir se faire accompagner, et passer par une phase de communication et gestion du changement suffisamment en amont et de haut niveau.
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