Comme son nom l’indique, le cyberharcèlement est une pratique consistant à harceler une personne en utilisant les technologies (réseaux sociaux, téléphone, mail, etc.).
Cyber harcèlement : le combat de demain ?
Ce harcèlement peut prendre la forme de moqueries, de fausses accusations, d’insultes, de menaces, d’espionnage, de vol d’identité ou encore de destruction de données. Cela touche en particulier les mineurs.
Cyberharcèlement : quelles sanctions ?
En France, qu’il s’agisse de contacts inappropriés de harcèlement d’ordre sexuel, ou de surveillance intrusive, le cyberharcèlement est puni par la loi, au même titre que le harcèlement classique : 30 000€ d’amende auxquels s’ajoutent deux ans d’emprisonnement dans un cas classique, 45 000€ et trois ans d’emprisonnement pour harcèlement sur un mineur de moins de 15 ans.
En Angleterre aussi, le gouvernement prend ces affaires très au sérieux et réfléchit aux moyens de durcir la loi : les harceleurs britanniques pourraient bientôt risquer entre six mois et deux ans d’emprisonnement.
Cette prise de position fait écho à l’actualité : en 2013, Hannah Smith, une jeune anglaise de 14 ans, s’est donné la mort suite à l’acharnement anonyme de plusieurs utilisateurs du réseau social Ask.fm proférant des insultes et des encouragements à l’automutilation ou au suicide.
La sécurité sur internet : un cadre encore à définir
Si la loi prévoit de les punir, le plus difficile reste encore de détecter et de maîtriser les cyber-harceleurs avant que leurs actes diffamatoires dans un espace virtuel n’aient des conséquences malheureusement réelles et fatales sur les victimes.
Mais le rapport des adolescents à internet et plus particulièrement aux réseaux sociaux rend cette prévention très compliquée à mettre en place. Malgré le caractère ultra-public d’internet, les jeunes internautes le considèrent souvent comme un espace d’intimité qu’ils veulent préserver de toute surveillance parentale ou représentant de façon générale l’autorité. Il est donc très délicat pour les parents, tuteurs ou toute autorité bienveillante de déterminer la limite entre surveillance protectrice et intrusion dans la vie « privée » de ces adolescents.
Des initiatives à la recherche de la solution idéale
Certains logiciels visant à effectuer de la recherche sémantique ou de mots-clés et à alerter en cas de cumulation de termes négatifs peuvent être mis en place. Le système peut aussi favoriser le témoignage de l’entourage en le rendant simple et discret. Mais, qu’elle soit automatisée ou non, la clé est vraiment la collecte de l’information. Et comme, ces solutions n’analysent pas encore les conséquences des propos qu’elles recueillent, c’est finalement, le rôle du modérateur. Et c’est donc toujours celui des adultes responsables du jeune internaute à qui il appartient de surveiller les agissements virtuels et l’état psychologique de ce dernier. L’efficacité de ce système reste donc limitée puisque les jeunes victimes sont souvent isolées, mal entourées ou très renfermées.
Pour protéger les potentielles victimes sans abus ni négligence, le système doit donc agir comme une troisième personne neutre dans la relation harceleur/harcelé. Il doit bien évidemment défendre la victime, mais sans pour autant accabler l’agresseur, pas toujours conscient de sa position, et au risque d’aggraver la situation. Dans un cas avéré de cyberharcèlement, il doit aussi pouvoir alerter l’entourage de la victime qui prendra alors le relai.
Trisha Prabbhu, une collégienne américaine de 14 ans, a proposé un programme anti-harcèlement ingénieux lors du Science Fair 2014 organisé par Google. La particularité de ce programme, baptisé Rethink, est de responsabiliser les potentiels harceleurs, qui ne mesurent pas toujours les conséquences de leurs propos, en mesurant l’impact néfaste que leurs messages pourraient avoir sur le destinataire.
Cette solution a été testée sur 533 adolescents entre 12 et 18 ans, incités à relire leur message avant de le publier : le résultat est très positif puisque 93% du panel a finalement décidé de ne pas poster le message initial.
En Suède également, une nouvelle application sur smartphone permet aux élèves de lutter contre le cyberharcèlement et la violence en aidant leurs camarades en difficulté.
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