À l’approche des municipales 2026, la sécurité s’est imposée comme le thème incontournable des campagnes locales. Les propositions fusent : plus de policiers municipaux, davantage de caméras, un éclairage public renforcé. Autant de mesures visibles, rassurantes, et politiquement efficaces.
Et si la sécurité de nos villes se jouait aussi… en orbite ?
Mathieu Bailly, Co-fondateur et Directeur de CYSAT partage son analyse du sujet.
Mais cette vision de la sécurité reste, en réalité, très incomplète.
Car la sécurité d’une ville ne se résume plus aujourd’hui à la tranquillité publique. Elle repose aussi sur la résilience de ses infrastructures numériques, sur la continuité de ses services essentiels et sur la capacité des collectivités à résister à des crises systémiques.
Pour les DSI et les RSSI des collectivités, cette réalité est déjà bien connue : la sécurité d’un territoire dépend d’écosystèmes technologiques complexes, interconnectés et souvent invisibles. Et parmi ces dépendances critiques, l’une d’elles reste largement absente des débats : l’espace.
Une infrastructure critique… que personne ne voit
Les villes modernes fonctionnent grâce à des technologies dont une partie essentielle se situe à plusieurs centaines de kilomètres au-dessus de nos têtes. Navigation satellitaire, observation de la Terre, synchronisation des réseaux : les satellites sont devenus une infrastructure critique pour le fonctionnement quotidien des territoires.
Le signal GNSS (GPS, Galileo, etc.) est utilisé pour synchroniser les réseaux électriques, horodater les transactions financières, gérer les réseaux de télécommunication ou encore piloter certains systèmes de transport intelligents.
Dans les collectivités, il alimente également des usages plus discrets mais tout aussi stratégiques : gestion de flottes de véhicules municipaux, optimisation des transports publics, logistique des services techniques ou encore coordination des interventions d’urgence.
Les données issues des satellites d’observation jouent également un rôle croissant dans la gestion des crises : suivi des inondations, cartographie rapide après catastrophe, détection des feux de forêt ou surveillance des infrastructures. Autrement dit, une partie de la résilience des territoires dépend désormais directement d’infrastructures spatiales.
Et pourtant, cette dépendance reste largement sous-estimée.

Mathieu Bailly, Co-fondateur et Directeur de CYSAT
L’espace devenue en quelques années le théâtre de cyberattaques
Les attaques contre les systèmes satellitaires peuvent prendre plusieurs formes : brouillage des signaux de navigation, spoofing (usurpation de signal), compromission des stations au sol ou intrusion dans les réseaux de contrôle.
Ces scénarios ne relèvent plus de la fiction. Les perturbations du signal GNSS ont déjà été observées dans plusieurs régions du monde, notamment dans des contextes géopolitiques tendus, notamment en Ukraine (CIPR – Massive Cyber-attack on Satellites: thousands without internet in Europe).
Pour les villes et les collectivités, l’impact potentiel est loin d’être anecdotique.
Un signal de navigation brouillé peut perturber la synchronisation des réseaux critiques. Une dégradation des données d’observation peut compliquer la gestion d’une catastrophe naturelle. Et une perturbation prolongée peut affecter les transports, la logistique ou certaines opérations d’urgence.
En clair : une attaque ciblant l’espace peut produire des effets très concrets… au niveau local.
Un angle mort pour les DSI et RSSI territoriaux
Pour les responsables de la cybersécurité des collectivités, la transformation numérique des territoires a déjà profondément élargi la surface d’attaque. Smart city, capteurs urbains, systèmes de gestion de trafic, infrastructures énergétiques connectées : la complexité technologique des villes ne cesse de croître.
Pourtant, la dimension spatiale reste encore rarement intégrée dans les analyses de risque.
Les PCA et PRA des collectivités prennent en compte les cyberattaques, les pannes d’infrastructures ou les catastrophes naturelles. Mais la dépendance aux services satellitaires est rarement identifiée comme un facteur de vulnérabilité. Dans un environnement technologique de plus en plus interdépendant, cet angle mort devient problématique.
Cartographier les dépendances avant qu’il ne soit trop tard
Pour les DSI et les RSSI territoriaux, le premier enjeu est donc simple : comprendre.
Quels systèmes municipaux dépendent d’une synchronisation satellitaire ?
Quels équipements utilisent le GNSS pour fonctionner ?
Quelles données issues de l’espace alimentent les outils de gestion territoriale ?
Cette cartographie des dépendances est une étape essentielle pour intégrer le risque spatial dans les stratégies de cybersécurité et de continuité d’activité. L’objectif n’est pas d’anticiper l’improbable, mais de préparer l’inévitable. Car dans un monde hyperconnecté, les crises technologiques ne restent jamais confinées à un seul domaine.
Les villes investissent massivement dans la cybersécurité, modernisent leurs infrastructures numériques et déploient des services urbains intelligents. Mais cette transformation numérique repose aussi sur des infrastructures qu’elles ne contrôlent pas directement. Car la sécurité des villes du XXIᵉ siècle ne se joue plus uniquement au niveau du sol. Elle se joue aussi dans l’espace.
Heureusement, cette prise de conscience progresse rapidement au sein de l’écosystème spatial. Les grands industriels du secteur, les agences spatiales et les institutions publiques travaillent désormais activement sur ces enjeux de cybersécurité appliquée à l’espace. La protection des satellites, la sécurisation des communications spatiales et l’intégrité des données orbitales sont devenues des priorités stratégiques.
Des initiatives comme CYSAT, le premier événement européen entièrement dédié à la cybersécurité spatiale, témoignent de cette mobilisation. Chaque année, CYSAT rassemble industriels du spatial, experts en cybersécurité, institutions publiques et chercheurs afin de partager les menaces émergentes, développer des solutions concrètes et renforcer la résilience de l’écosystème spatial.
Car sécuriser l’espace, c’est aussi sécuriser les infrastructures terrestres qui en dépendent.
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