Les deepfakes s’imposent comme une menace majeure dans le paysage cyber. Entre escroqueries à l’investissement, usurpation d’identité et manipulation à grande échelle, ces contenus générés par IA ont déjà causé plus de 3,2 milliards d’euros de pertes dans le monde, plaçant la France parmi les pays les plus impactés
Deepfakes : la France dans le top 10 des pays les plus touchés par les fraudes
Une explosion mondiale des fraudes aux deepfakes
Longtemps perçus comme une simple démonstration technologique, les deepfakes sont désormais au cœur de cyberattaques sophistiquées. Selon une étude de Surfshark, les pertes financières liées à ces fraudes atteignent au moins 3,2 milliards d’euros à l’échelle mondiale.
Les cybercriminels exploitent tous les canaux numériques disponibles : réseaux sociaux, plateformes vidéo, applications de messagerie ou encore appels téléphoniques. Leur objectif est simple : manipuler la confiance des utilisateurs en imitant des visages, des voix ou des institutions crédibles.
Les réseaux sociaux jouent un rôle central dans cette propagation. Ils concentrent à eux seuls 47% des pertes mondiales, soit environ 1,5 milliard d’euros.
« Les plateformes de réseaux sociaux donnent aux escrocs un accès instantané à des milliards d’utilisateurs simultanément. Une seule vidéo deepfake peut devenir virale en quelques heures et atteindre des millions de victimes potentielles avant d’être détectée ou supprimée », souligne Luís Costa, Research Lead chez Surfshark.
La France particulièrement exposée aux arnaques à l’investissement
La France figure au 10ᵉ rang des pays les plus touchés, avec 74,3 millions d’euros de pertes recensées. Mais la structure de ces fraudes diffère nettement de la tendance mondiale.
Contrairement à d’autres pays, où les réseaux sociaux dominent, 99% des pertes en France (73,8 millions d’euros) proviennent de sites frauduleux d’investissement. Ces plateformes utilisent souvent des deepfakes de personnalités publiques ou d’experts financiers pour crédibiliser des promesses de rendements élevés.
Les réseaux sociaux, bien qu’omniprésents, ne représentent qu’1% des pertes dans l’Hexagone, soit environ 747 000 euros. Ils servent principalement de point d’entrée vers ces arnaques plus élaborées.
Des techniques de fraude de plus en plus diversifiées
Au-delà des réseaux sociaux et des faux investissements, les cybercriminels diversifient leurs approches. L’étude met en évidence plusieurs vecteurs majeurs :
- L’usurpation d’identité représente 796 millions d’euros (25% des pertes), notamment via des deepfakes permettant de contourner des systèmes de vérification.
- Les faux candidats à l’embauche génèrent 87,4 millions d’euros de pertes, exploitant les processus de recrutement à distance.
- Les canaux du quotidien totalisent 152 millions d’euros : appels téléphoniques (62 millions), plateformes vidéo (54 millions) et messageries (36 millions).
Cette diversification rend les attaques plus difficiles à détecter. Les deepfakes ne se limitent plus à des vidéos virales : ils s’intègrent désormais dans des interactions quotidiennes. Avec la multiplication des attaques, « cette menace s’étend désormais à nos interactions quotidiennes. La vigilance est la seule défense réellement efficace lorsqu’il n’est plus possible de faire implicitement confiance à une voix ou à un visage familier » alerte Luís Costa.
Cinq réflexes pour limiter les risques
Face à cette montée en puissance, plusieurs bonnes pratiques permettent de réduire l’exposition aux fraudes :
- Vérifier toute opportunité d’investissement via des sources officielles et se méfier des promesses irréalistes.
- Mettre en place un mot de passe familial pour valider l’identité lors d’échanges urgents.
- Tester les appels vidéo avec un “glitch test” (mouvement devant le visage).
- Réduire son empreinte numérique en limitant la diffusion de contenus audio et vidéo exploitables.
- Activer une authentification multifacteur robuste, idéalement via biométrie ou clé physique.
Ces mesures ne garantissent pas une protection totale, mais elles compliquent significativement le travail des fraudeurs.
Une menace durable pour les entreprises et les particuliers
L’essor des deepfakes marque un tournant dans la cybercriminalité. Leur accessibilité croissante, combinée à la puissance des outils d’intelligence artificielle, abaisse la barrière d’entrée pour les attaquants.
Pour les entreprises comme pour les particuliers, le défi est double : détecter des contenus toujours plus réalistes et adapter les réflexes de sécurité à un environnement où l’apparence ne suffit plus à garantir l’authenticité.
Dans ce contexte, la sensibilisation et la vigilance deviennent des piliers essentiels de la cybersécurité moderne.
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