Cédric Villani, mathématicien et député LREM, a rendu public son rapport sur l’Intelligence Artificielle. « Donner du sens à l’Intelligence Artificielle », c’est plus de 230 pages qui ambitionnent de faire de la France une championne en la matière car il est temps de revenir dans la course de l’IA et rattraper le retard face aux Etats-Unis et la Chine …
La stratégie française sur l’Intelligence Artificielle
Pour une IA française forte
Plusieurs points concernent le renforcement et le développement de la recherche en France, le soutien aux chercheurs, la mise en application de l’IA sur quatre grands secteurs industriels (santé, environnement/écologie, transport/mobilités, défense et sécurité) et l’accès aux données et à l’expérimentation.
L’objectif est donc de favoriser une plus grande circulation des données pour faciliter les expérimentations innovantes de l’IA.
Les 6 thématiques
Le rapport s’articule autour de 6 parties :
- une politique économique articulée autour de la donnée
- pour une recherche agile et diffusante
- anticiper et maîtriser les impacts sur le travail et l’emploi
- l’IA au service d’une économie plus écologique
- quelle éthique de l’IA ?
- pour une IA inclusive et diverse
Le rapport est disponible sur le site de la mission
L’enjeu des talents et des start-up
Les entreprises françaises ont déjà investi dans l’IA et 30% prévoient de le faire d’ici 2020, mais les enjeux autour des compétences et des talents seront primordiaux.
Éviter la fuite des cerveaux en faveur des Gafa et acteurs privés et investir dans la formation aux nouveaux métiers de l’IA sont donc des priorités. D’ailleurs, Syntec Numérique qui milite depuis plusieurs années pour mieux orienter le système de formation professionnelle français, notamment sur l’IA, se réjouit de cette dynamique, et précise par la voix de son Président, Godefroy de Bentzmann « les instances dirigeantes de Syntec Numérique vont maintenant largement se mobiliser pour en assurer le déploiement et embarquer le maximum de forces vives dans ce défi pour l’avenir ».
Cependant, l’écosystème start-up va devoir jouer un rôle clé pour relancer une IA française compétitive ! Alors, est-ce que les 1,5 milliard d’euros annoncés par Emmanuel Macron seront suffisants pour couvrir les futurs investissements de la France en IA ?
Pour Pierre Hébrard, PDG de Pricemoov « Nous avons un formidable vivier de data scientists en France ! Nous recevons des dizaines de belles candidatures par jour. Ce n’est donc pas de beaux profils que nous manquons, mais effectivement d’armes pour se battre contre les géants qui ont des ressources illimitées en termes de capacités d’investissement et de données à disposition pour entraîner leurs algorithmes »
L’humain au cœur de l’IA
C’est une réelle avancée, mais les interrogations sont nombreuses. La notion de l’Entreprise IA est essentielle, « nous sommes d’autant plus ravis de constater que l’Humain y est placé au centre. Nous partageons cette conviction qui reflète une tendance chez nos clients qui réfléchissent autour de l’Enterprise IA, du machine learning ou de la data science. Ils sont d’ailleurs persuadés que la place du collaborateur au cœur du système est un facteur clé de succès pour l’adoption de l’IA et l’innovation autour de la donnée sur le long terme » souligne Florian Douetteau, CEO de Dataiku.
Pas de doute, la dimension humaine prend toute sa force. Selon Thomas Piton, Directeur du LAB Intelligence Artificielle de CGI « il faut maintenant passer à l’action – et vite – en matière de moyens, de structuration et d’initiatives. Se pose aussi la question de la donnée, clé quand on parle d’IA. Une des propositions de Cédric Villani est d’ailleurs de favoriser la création de plateformes capables d’agréger une multitude de données. Cette mesure, à mon sens indispensable, engendre nécessairement d’autres interrogations : faut-il créer une instance dédiée ? Si oui, qui la pilotera ? Et quid de l’éthique en matière de données ? Le rapport consacre un volet à ce dernier point et c’est une très bonne nouvelle car nous devons absolument nous assurer de (re)mettre l’humain au cœur du développement de l’Intelligence Artificielle ».
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