L’arrivée de la Power Platform – et plus généralement des solutions Low Code et No Code – redistribue à sa manière le périmètre de compétences entre ce qui relève de l’humain et ce qui appartient au domaine de la machine dans l’univers de l’entreprise.
Power Platform : casser les codes pour une nouvelle harmonie
Nicolas Lenglet, Team Leader Power Platform / Customer Engagement chez Prodware partage son expertise sur le sujet.
Plus qu’une avancée technologique, il s’agit en effet d’une évolution en profondeur de la production et de la gouvernance des entreprises qui s’en emparent. En ajoutant un instrument, l’automatisation permise par la suite de Microsoft change significativement la partition.
La place de l’humain dans l’intégration d’une solution beaucoup plus productive que celles qui l’ont précédées questionne aussi la place de la norme face à l’exception, de l’utile face au beau, de la sécurité face à la curiosité et de l’autorité face à la liberté.
Nouvelles habitudes : à la machine le côté pratique, à l’humain celui du beau ?
Qui a déjà utilisé Excel ou PowerPoint pour créer des graphiques par défaut sait depuis quelques dizaines d’années que si l’automatisation des graphiques est pratique, son esthétisme laisse à désirer.
On pourrait d’ailleurs aller encore plus loin : le graphique n’est « automatisé » qu’à partir du moment où la zone de données est clairement définie ou ne comporte pas d’erreurs de remplissage. Même si cette automatisation est « pratique », parce qu’elle permet à l’utilisateur de ne pas avoir à créer de toutes pièces l’illustration, elle ne propose qu’une option très réduite de visualisation des données. Charge à l’humain de varier les couleurs, de modifier les sources de données, de croiser les tableaux pour obtenir de plus fines analyses.
Cette limite est révolue. Les capacités de traitement, d’analyse, de croisement, et finalement de traduction graphique automatisée sont aujourd’hui beaucoup plus puissantes. Les outils WYSIWYG (What You See Is What You Get), le « glisser-déposer » permettent une édition visuelle directe et plus pertinente. Mais qu’est-ce que le beau ? Et a-t-il une date de péremption ? Les solutions de Low Code/ No Code offrent des solutions dont le gain de temps est indéniable. Le progrès est visible, presque palpable. Néanmoins, une fois l’effet waouh, passé, l’uniformité des rendus proposés par l’outil n’estompera-t-il pas ce saut de qualité visuelle ? Ou tout du moins la perception de cette beauté ? À n’en pas douter, le pratique survivra à la standardisation formelle. En sera-t-il de même pour le beau ? Rien n’est moins sûr. Pour se renouveler, la Power Platform aura à l’évidence besoin de l’humain.
Ces allers-retours entre sensibilité et technologie – et le feedback réciproque entre ces deux dimensions – permettront une articulation de plus en plus fine entre esthétique et performance. Il faudra sans doute parfois rebrousser chemin pour mieux progresser ensuite. Faire trois pas en avant et un pas en arrière est aussi une manière efficace d’avancer.

Nouveaux horizons : l’humain est dans les détails
Les pas en avant ne sont pas la seule trajectoire qu’imposent les solutions de la Power Platform. En automatisant une grande partie des tâches répétitives précédemment attribuées à l’humain, elles offrent une opportunité d’attention plus soutenue à ce qui, justement, relève de l’exception, ou tout du moins du « hors-norme » au sens propre du terme. Les applications complexes, qui nécessitent un développement précis et spécifique, et les données les plus sensibles ; qui imposent une vigilance particulière, ne peuvent pas être déléguées totalement à la machine, si artificiellement intelligente soit-elle.
Les nouveaux outils technologiques, qu’ils soient développés en No Code, en Low Code, qu’ils soient automatisés ou « automatisants », s’intègrent tous à un environnement préexistant. L’articulation avec ceux-ci est donc fondamentale, et on peut aisément penser que cette logique d’intégration n’en est qu’à ses prémices. L’arrivée massive de la Blockchain, la progression et l’étendue des solutions d’intelligence artificielle, de réalité virtuelle, sont autant de défis dont l’humain devra se saisir pour organiser la plus juste répartition des tâches.
C’est précisément sur ce point que l’humain aura toujours son mot à dire et son autorité à (ré)affirmer. Organisation, stratégie, conseil sont autant de zones où le point de vue et l’apport humain ne saurait être délégué. L’implémentation à tous crins de nouvelles solutions sans une stratégie clairement définie, un planning et une définition précise des nouvelles frontières qu’elles forment serait vouée à l’échec.
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