Le FinOps, quésaco ? Virgile Delécolle, Apptio France, examine la pratique FinOps sous toutes les coutures.
Le FinOps de A à Z : Définition, méthodologie et mise en pratique
Le FinOps, quésaco?
Pour Virgile Delécolle, Directeur Solutions pour l’Europe du Sud chez Apptio, le FinOps est tout simplement la bonne excuse pour que toutes les parties prenantes de l’usage du Cloud dans une entreprise travaillent ensemble sur une meilleure utilisation et rentabilité de leurs serveurs. “Quand on parle de la “meilleure utilisation possible”, on parle surtout d’une utilisation raisonnée et cohérente avec les frais de dépenses mais aussi avec les objectifs et initiatives de l’entreprise sur le long terme.” Explique-t-il. En effet, il est actuellement très facile de démarrer une machine dans le Cloud. On se connecte, on crée un compte et en quelques minutes, chacun peut avoir accès à un environnement fonctionnel. Et c’est la promesse du Cloud ! De pouvoir bénéficier de cette souplesse et de cette réactivité. Seulement, si on multiplie cette opération par le nombre de services dans l’entreprise par exemple, les factures finissent par s’empiler et les dépenses deviennent vite incontrôlables. Le FinOps va donc accompagner toute entreprise désireuse de structurer et coordonner leur utilisation du Cloud et d’en tirer tous les bénéfices – qu’ils soient techniques ou financiers – afin de retrouver une certaine compétitivité.
Trois phases sont indispensables à sa mise en place : informer, optimiser et exploiter.
- Informer
Cette première étape représente la capacité d’une entreprise à comprendre l’utilisation qu’elle a du Cloud. Qui l’utilise ? Comment et pourquoi ? Combien cela coûte – t – il ? “C’est la fondation de toute démarche FinOps”, poursuit Virgile, “Il faut collecter les informations, les analyser et les rendre lisibles et accessibles par toutes les parties prenantes. L’objectif est d’avoir les bonnes données pour les phases suivantes mais le simple fait de rendre visible les coûts aux utilisateurs va changer leur comportement, c’est ce qu’on appelle l’effet Prius. Grâce à cette première étape, certains de nos clients ont réussi à économiser 500 000 euros par an, ce qui est énorme”.
- Optimiser
Une fois que l’entreprise a de la visibilité sur qui utilise les serveurs, comment et pourquoi ces derniers sont utilisés, on peut identifier des plans d’optimisation possibles, chacun avec des avantages et des risques différents. “En fonction de l’analyse faite en étape une, on peut identifier plusieurs stratégies d’actions : éliminer les dépenses inutiles, bénéficier des dernières évolutions techniques ou négocier des remises, etc.”
- Exploiter
» C’est la dernière étape du cycle, celle de la prise de décisions”, poursuit Virgile Delécolle. “On sait ce qu’il y a à améliorer, on a différents scénarios, on en choisit un et on le met en place. Pendant cette exploitation, chaque entreprise doit être capable de challenger en permanence la stratégie mise en place et donc repasser sans cesse par la première et deuxième étape. C’est un cercle vertueux qui illustre très bien cette notion d’amélioration continue que propose le FinOps”.
Le but ultime du FinOps est de pouvoir relier tout ce travail et cette rationalisation aux objectifs économiques de chaque entreprise. “Souvent, les clients veulent réduire les coûts, les optimiser. Mais dans certains cas, l’exercice se traduit par une augmentation des dépenses Cloud et cela n’est pour autant pas un mauvais indicateur. Si grâce à la mise en place d’une démarche FinOps, le coût unitaire (unit economics) diminue et que les dépenses cloud sont plus importantes, cela signifie simplement que l’entreprise est plus performante et vend plus ! Le but n’est pas de dépenser moins mais de gagner plus.” conclut Virgile.

La démarche FinOps, pour qui et pour quoi ?
Dès le départ, et pour toutes entreprises, la démarche FinOps est une bonne initiative. “A partir du moment où des instances cloud sont consommées, il est intéressant de se rassembler autour du FinOps” explique Virgile Delécolle, Directeur Solutions pour l’Europe du Sud chez Apptio. Aujourd’hui, même les entreprises dans des secteurs traditionnels comme les banques ou l’industrie s’intéressent et testent le cloud dans leur quotidien. “Parfois ça fonctionne, parfois l’utilisation du cloud a moins de sens, parfois le modèle devient hybride… Il faut vraiment faire ce qui apporte du sens à l’entreprise et dans tous les cas, il faut le gérer. Le FinOps est une approche qui se démocratise et qui prend de l’essor en France. Il y a encore quelques années, l’équipe FinOps dans les entreprises était constituée de 1 ou 2 personnes. Aujourd’hui, on en compte entre 5 et 7”. poursuit-il. 5 à 7 personnes de métiers et d’horizons différents, qui travaillent ensemble pour améliorer l’utilisation du Cloud dans l’entreprise. La démarche FinOps serait-elle la descendante du manifeste agile ? “Les intentions de l’Agilité et du FinOps sont effectivement similaires : tous deux reposent sur la communication, collaboration et sur le fait d’avoir des équipes pluridisciplinaires. Mais ce sont bien deux sujets différents, à ne pas confondre !” Explique Virgile.
En termes de typologie de client FinOps chez Apptio, Virgile en remarque deux : ceux qui ont vu leurs coûts relatifs au Cloud exploser et qui souhaitent raisonner ces dépenses, puis ceux qui n’ont pas beaucoup de dépenses cloud mais qui veulent faire les choses correctement dès le départ. “Sur le premier profil, on constate en moyenne 15 à 20% de dépenses non utilisées ou optimisables, donc de vraies économies à réaliser avec des usages différents. Pour le second profil, ils ont la volonté de s’engager dans la démarche de façon très académique et cherchent un outil sur lequel s’appuyer pour la mise en place de l’approche FinOps..” Un outil dédié tel que Cloudability, la solution Apptio de référence pour gérer le FinOps. “La FinOps Foundation est née des réunions trimestrielles du conseil consultatif des clients de Cloudability, sous l’impulsion de J.R. Storment, cofondateur de la solution à l’époque et aujourd’hui directeur de la fondation !” précise Virgile.
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