Les DSI français évoluent dans un contexte où l’intelligence artificielle est devenue un levier central de compétitivité.
Les DSI français face au défi de l’IA : ambitions élevées, marges de manœuvre limitées
Une pression accrue pour transformer grâce à l’IA
Les conseils d’administration attendent des gains rapides en productivité, en automatisation et en qualité de service, tout en exigeant une vision technologique durable. Cette ambition se heurte toutefois à trois freins majeurs : la hausse continue des coûts IT, une pénurie de talents qualifiés et la montée des menaces cyber.
Les dirigeants ne s’interrogent plus sur la nécessité d’investir dans l’IA, mais sur sa capacité réelle à générer une valeur mesurable dans des délais compatibles avec leurs contraintes budgétaires et opérationnelles.
Pénurie de talents, coûts ERP et contraintes de ROI
Selon le rapport Remini Street, plus particulièrement pour la France–Benelux, 94% des DSI, CFO, RSSI et PDG estiment que la pénurie de talents compromet les objectifs de long terme. Parallèlement, l’automatisation et l’IA figurent en tête des priorités à cinq ans, ce qui accentue la tension entre ambitions et capacités réelles de mise en œuvre.
Les dirigeants attendent de leurs investissements technologiques un retour sur investissement d’environ 31% à un ou deux ans, puis 37% sur trois à cinq ans, des niveaux très élevés compte tenu de la rigidité des systèmes en place. Or la hausse des coûts d’abonnements ERP et la forte dépendance vis‑à‑vis des éditeurs limitent les marges de manœuvre pour financer l’innovation. Près de 40% des priorités IT de court terme restent consacrées à la conformité, à l’optimisation des coûts et à la migration vers le cloud, tandis que 23% du temps IT est toujours absorbé par la maintenance des ERP existants.
L’ERP en mutation et l’essor de modèles agentiques
Les entreprises anticipent une transformation profonde du socle applicatif : 68% des dirigeants de la région prévoient des changements majeurs autour de leurs ERP. Les grandes organisations ne placent plus les ERP traditionnels au centre de leurs projections, et 33% considèrent que l’ERP « agentique », fondé sur des décisions pilotées par l’IA, représente l’avenir.
Cette transition reste néanmoins freinée par des coûts de maintenance élevés, la pression constante pour effectuer des mises à niveau et un manque de flexibilité des solutions actuelles. En France et au Benelux, la transparence tarifaire et la dépendance aux éditeurs sont des préoccupations majeures, auxquelles s’ajoutent des attentes fortes en matière de support local (langue, fuseau horaire, proximité régionale).
Externalisation et gestion des risques
Face à ces contraintes, 99% externalisent déjà une partie de leurs opérations IT, notamment la cybersécurité et le support applicatif, pour accéder à des compétences rares et mieux maîtriser les risques. La réduction des risques (économiques, réglementaires, opérationnels ou liés à la chaîne d’approvisionnement) est un objectif comme l’innovation.
Les dirigeants adoptent une approche plus rigoureuse des investissements, en recherchant des résultats mesurables, des cycles de ROI plus courts et plus de flexibilité budgétaire, comme le souligne Michael Perica, directeur financier, Remini Street.
Dans ce contexte, DSI et conseils d’administration privilégient désormais le ROI, la résilience et la flexibilité plutôt que les grandes migrations ERP, ce qui libère des moyens pour l’IA, l’automatisation et la valorisation des données.
Nouvelle gouvernance IT–Finance
Pourtant, la collaboration reste perfectible : alors que 86% constataient en 2024 un renforcement de la relation CFO–CIO, seuls 23% des directeurs financiers disent aujourd’hui collaborer principalement avec les DSI, et 11% des DSI travaillent fréquemment avec les CFO.
Sans un meilleur alignement entre IT, finance et gouvernance, le plein potentiel de l’IA restera difficile à concrétiser.
Source : Etude 2025-2026 Rimini Street & Censuswide auprès de plus de 4 300 entreprises tous secteurs confondus
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