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À l’aube de 2026, le SaaS entre dans une nouvelle phase

Cloud - Par iTPro - Publié le 05 janvier 2026
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À l’heure où l’intelligence artificielle redéfinit en profondeur le modèle du SaaS, les entreprises doivent repenser leurs choix technologiques, leurs architectures et leurs attentes vis-à-vis des éditeurs. Sridhar Iyengar, Directeur général de Zoho Europe, partage son analyse des enseignements clés de 2025, démonte les idées reçues autour de l’IA et du SaaS, et esquisse les grandes tendances qui façonneront les prochaines années du secteur.

À l’aube de 2026, le SaaS entre dans une nouvelle phase

Quels ont été les principaux enseignements pour l’industrie du SaaS en 2025 ?

En 2025, l’industrie du SaaS a pris conscience de ce que l’on peut appeler la « taxe de l’intégration ». Pendant des années, le marché a valorisé les solutions spécialisées, poussant les entreprises à assembler des dizaines d’applications déconnectées. Cette fragmentation a fini par montrer ses limites, en particulier avec l’essor de l’IA. Les dirigeants ont compris qu’il est impossible de déployer une intelligence artificielle efficace sur des silos de données cloisonnés.

L’approche plateforme n’est plus un simple facteur de confort : elle est devenue une condition indispensable à l’intelligence. Lorsque les données CRM ne dialoguent pas nativement avec les données financières, l’IA ne produit pas de valeur. À cela s’ajoutent des enjeux désormais structurants, comme la gestion des droits d’accès, les annuaires organisationnels et la protection de la vie privée, sans lesquels l’IA ne peut fonctionner à l’échelle de l’entreprise.

 

Quels sont les mythes ou idées reçues les plus persistants autour du SaaS aujourd’hui ?

L’une des idées reçues les plus répandues consiste à penser que, pour réussir en IA, il faudrait nécessairement disposer des modèles les plus grands et les plus puissants. En réalité, la taille n’est pas le facteur déterminant : le contexte l’est. Tous les problèmes métiers ne relèvent pas des grands modèles de langage. Imaginer que chaque usage nécessite un modèle gigantesque, coûteux et énergivore, est une erreur.

L’approche que nous défendons repose sur une IA « à la bonne taille », avec des modèles plus compacts, précis et efficients, capables de fonctionner de manière privée. Un modèle plus petit, entraîné sur le contexte spécifique de l’entreprise, surpasse bien souvent un modèle massif entraîné sur des données publiques génériques.

Sridhar Iyengar, Head of European Operations chez Zoho

Sridhar Iyengar, Head of European Operations chez Zoho

 

Quelles sont les principales erreurs commises par les organisations lors de l’adoption de solutions SaaS ?

Dans les grandes organisations, l’erreur la plus fréquente consiste à considérer le logiciel comme un simple achat de licences, plutôt que comme une démarche de co-construction. Trop souvent, des outils rigides sont imposés à des entreprises aux processus complexes, ce qui limite leur adoption et leur impact réel. Une approche plus efficace repose sur un véritable partenariat technologique, dans lequel l’éditeur s’engage aux côtés du client pour concevoir des solutions adaptées à ses usages et à ses flux de travail. Cette logique permet de dépasser les solutions standardisées et d’apporter une valeur durable.

Pour les années à venir, le message est clair : il faut éviter les logiciels « placard » et privilégier des partenaires capables de construire, avec leurs clients, le dernier kilomètre de l’innovation.

 

Quelles tendances de fond, sur les trois à cinq prochaines années, seront les plus déterminantes ?

Deux tendances structurantes se dessinent à moyen terme. La première concerne l’évolution du talent technologique. L’innovation ne se concentre plus uniquement dans les grands pôles historiques comme la Silicon Valley. Elle émerge de plus en plus dans des villes de taille intermédiaire, partout dans le monde. Des modèles organisationnels décentralisés permettent de fidéliser durablement les talents, de réduire l’attrition et de construire des plateformes technologiques complexes sur le long terme. La seconde tendance majeure est celle de la protection de la vie privée, qui devient un véritable avantage concurrentiel.

Face au durcissement réglementaire et à la remise en question du capitalisme de surveillance, les entreprises se tournent vers des approches d’IA privée, exécutées localement ou sur des environnements cloud dédiés, afin de garantir que leurs données stratégiques ne servent jamais à entraîner des modèles publics.

 

Qu’attendent de plus en plus les clients des éditeurs SaaS aujourd’hui ?

Les attentes des clients évoluent profondément : ils ne recherchent plus de simples fonctionnalités, mais des résultats concrets. Les modèles de tarification basés uniquement sur le nombre d’utilisateurs montrent leurs limites, car ils ne reflètent pas la valeur réellement créée. Les entreprises attendent désormais des solutions capables de produire des résultats mesurables. L’essor de l’IA agentique illustre cette transformation.

Il ne s’agit plus seulement d’aider l’utilisateur à accomplir une tâche, mais de confier au logiciel une partie du travail lui-même, en s’appuyant sur le contexte historique et organisationnel. Le SaaS est ainsi en train de passer d’un système d’enregistrement à un véritable système d’action et d’expérience.

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