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Marine Nationale : L’IT au service des opérations militaires

Enjeux IT - Par Guillaume Rameaux - Publié le 03 juin 2014
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Les outils informatiques sont devenus un enjeu stratégique majeur pour les forces armées. La maîtrise des technologies est donc primordiale sur un théâtre d’opération.

Marine Nationale : L’IT au service des opérations militaires

Maîtriser les coûts est un défi permanent pour les directions informatiques. Et à l’heure où un serveur virtuel se provisionne en quelques minutes, où le stockage dans le cloud se banalise et où les applications se consomment sous forme de service, il est d’autant plus primordial de conserver le contrôle de son budget IT. Lors d’une table-ronde sur la maîtrise des coûts informatiques en 2013, nous avons rencontré Henri d’Agrain, Capitaine de Vaisseau et DSI de la Marine Nationale (photo ci-dessus). « L’IT est au cœur de toutes les actions militaires, explique-t-il. Cette numérisation des processus est indispensable pour travailler plus vite que nos adversaires ».

Mais cette évolution apporte aussi son lot de complexité dans le système d’information de la Marine. Une situation à laquelle le Capitaine de Vaisseau est particulièrement vigilant. « Quand on ne maîtrise plus la complexité, les coûts s’envolent », résume-t-il. Un exemple très parlant lui est d’ailleurs venu récemment de ses homologues américains. En fin d’année dernière, l’US Air Force a mis fin à un projet qui courrait pourtant depuis 2005. À cette époque, Oracle avait remporté un contrat de près de 90 millions de dollars visant à consolider 200 systèmes existant en un ERP unique. Après 8 ans de travail et plus d’un milliard de dollars dépensés, l’armée de l’air américaine a décidé d’arrêter les frais. « Small is beautiful, en conclut Henri d’Agrain. Mener des petits projets bien maîtrisés permet de mieux avancer ».

ROI vs Valeur opérationnelle

La maîtrise dépend donc de la compétence des 3 000 marins de l’équipe informatique. Une compétence qui se doit d’être double pour être à même de répondre aux exigences du terrain. « Je suis très orienté métier. Tous les membres de mon équipe ont l’expérience de la navigation et connaissent le boulot. J’insiste pour que les jeunes chefs de projet se confrontent également à la réalité opérationnelle car la priorité est d’être un bon marin pour savoir comment les technologies vont être exploitées sur le terrain ». Pour ce qui est de la formation technique, l’École navale de Brest est dans le « Top 20 » des écoles d’ingénieurs, rappelle-t-il. Les officiers sont en plus régulièrement envoyés en formation dans des grandes écoles comme Télécom ParisTech. « Nous devons réduire la dépendance aux fournisseurs pour ne pas avoir à céder à leurs exigences. Pour cela, il est impératif de comprendre les solutions qu’ils nous proposent ».

La Marine doit également composer avec des calendriers particuliers à plusieurs niveaux. Le personnel militaire tout d’abord, est amené à changer d’affectation tous les 3 ou 4 ans. La continuité d’un projet plus long doit donc être pensée et assurée dès le départ. D’autant que certains équipements sur lesquels travaille l’IT ne verront pas le jour avant plusieurs années. C’est le cas par exemple des frégates du programme FREMM (frégates multimissions) dont la livraison s’échelonne de 2012 à 2022 alors que leur conception a débuté en 2005. « Il faut beaucoup d’anticipation dans notre réflexion sur les systèmes d’information. Cela demande une gestion différente de l’obsolescence et la mise en place de programmes de mises à jour ».

C’est là une autre difficulté qui est de mener une vision à long terme avec des budgets annualisés susceptibles d’évoluer en cours de projet. « Sans investissement régulier, il n’y a pas de maîtrise des coûts, souligne Henri d’Agrain. Il est indispensable de maintenir le flux d’investissement d’une année sur l’autre ». Et pour justifier cet investissement dans une organisation comme la Marine Nationale, impossible de s’appuyer sur un quelconque ROI (Return On Investment). « Le ROI n’a de sens que pour une entité commerciale et est difficile à mesurer dans le secteur public. Mon réel souci est de créer de la valeur opérationnelle ». C’est donc par un lien constant avec le métier que la DSI parvient à légitimer ses coûts.

Le cloud prend la mer

Une des principales problématiques pour une force armée réside dans les communications. Au sein de la Marine Nationale, le rôle des équipes informatiques est de parvenir à faire cohabiter des systèmes très spécifiques comme les communications très basse fréquence (VLF) ou extrêmement basse fréquence (ELF) utilisées dans les sous-marins et des outils informatiques classiques comme le mail, la messagerie instantanée ou la visioconférence. « Il est primordial pour nous que les hommes à terre et en mer puissent se parler les yeux dans les yeux pendant une opération », indique le DSI. Si certaines fonctionnalités comme le traçage des communications doivent répondre à des besoins particuliers, les applications utilisées sont dans l’ensemble choisies parmi les offres du marché. « Nous préférons concentrer l’investissement ce qui est nous est spécifique, souligne Henri d’Agrain. Pour tout le reste, nous utilisons les produits existants. Nous avons fait le choix d’acquérir le maximum de solutions sur étagère afin de minimiser autant que possible les développements ».

La Marine regarde par ailleurs de très près les technologies de cloud computing et particulièrement les architecture de type cloud privé. « Très vraisemblablement, la délivrance en mode cloud sera dominantes d’ici 10 ans. On ne saura plus faire autrement donc nous ne pouvons pas ne pas regarder ». Une réflexion est actuellement menée avec Bull et Thalès autour de la conception d’un cloud embarqué sur les bâtiments de guerre, confie le DSI. « Nous pensons à une sorte de meta-cloud de forces navales, une forme d’infrastructure en nuage agile basée sur la connexion entre différents clouds embarqués ».

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Enjeux IT - Par Guillaume Rameaux - Publié le 03 juin 2014