Selon une étude Cohesity menée auprès de dirigeants européens, la France se distingue par une demande forte de renforcement réglementaire en cybersécurité. Un paradoxe qui s’accompagne d’attentes élevées vis-à-vis de l’État et d’une transformation rapide de la gouvernance IT.
Cybersécurité : les entreprises françaises réclament un durcissement inédit de la réglementation
Une demande de réglementation deux fois supérieure en France
La cybersécurité s’impose comme une priorité stratégique pour les entreprises françaises. D’après une étude européenne menée par Cohesity auprès de 300 PDG (dont 100 en France) 62% des dirigeants hexagonaux souhaitent un durcissement de la réglementation en matière de cyberattaques. Un niveau record en Europe, près du double du Royaume-Uni et de l’Allemagne, tous deux à 34%.
Ce positionnement intervient pourtant dans un contexte déjà renforcé, marqué par l’entrée en vigueur de la directive NIS2 en janvier 2026. Celle-ci impose des exigences strictes aux entreprises de plus de 50 salariés. Malgré cela, seules 31% des organisations françaises jugent la réglementation actuelle « réaliste et atteignable », contre 57% au Royaume-Uni et 44% en Allemagne.
Ce paradoxe illustre une perception aiguë du risque cyber en France, mais aussi une volonté d’encadrement plus structurant face à des menaces en constante évolution.
Pression accrue et attentes vis-à-vis de l’État
Cette exigence réglementaire s’inscrit dans un climat de tension croissante. En France, 81% des dirigeants déclarent que la menace permanente de cyberattaques affecte leur stress et leur bien-être. Par ailleurs, 35% identifient la responsabilité légale comme une préoccupation majeure en cas d’incident.
Dans ce contexte, les attentes envers les pouvoirs publics sont élevées. Pourtant, selon 36% des dirigeants, le soutien gouvernemental en matière de cyber-résilience reste insuffisant, notamment pour la gestion des incidents et la reprise après ransomware. Ce taux dépasse celui observé au Royaume-Uni (29%) et en Allemagne (24%).
« Les entreprises françaises expriment une attente forte : elles veulent un cadre réglementaire plus strict, mais aussi un accompagnement renforcé pour être à la hauteur de ces exigences », souligne Olivier Savornin, Vice-Président Europe chez Cohesity.
Une gouvernance IT en pleine transformation
Face à ces défis, les entreprises françaises accélèrent la structuration de leur gouvernance cyber et IA. La France affiche ainsi le taux le plus élevé de nomination de Chief AI Officer (CAIO), avec 26% des organisations ayant déjà intégré ce rôle au sein de leur direction, contre 11% au Royaume-Uni et seulement 4% en Allemagne.
Cette dynamique reflète l’importance croissante de l’intelligence artificielle dans les stratégies de cybersécurité et de gestion des risques.
En parallèle, le rôle du RSSI (Responsable de la sécurité des systèmes d’information) se renforce. En France, 35% le désignent comme principal interlocuteur en cas de cyberattaque, soit le niveau le plus élevé parmi les pays étudiés. Cette centralisation accentue néanmoins la pression sur ces profils déjà très sollicités.
Vers un modèle de cyber-résilience plus structuré
Pour Cohesity, cette singularité française constitue à la fois une opportunité et un défi. Les entreprises ont pris conscience de l’importance stratégique de la cyber-résilience, mais leur transformation nécessite un écosystème plus solide.
« La cyber-résilience ne peut pas reposer uniquement sur des obligations légales », rappelle Olivier Savornin. « Elle nécessite également un écosystème de soutien, de formation et de partage de bonnes pratiques. »
Dans cette optique, l’éditeur recommande la mise en place de plateformes de sécurité des données unifiées, alimentées par l’IA, capables de couvrir l’ensemble du cycle de protection : détection, réponse et reprise.
Source : Etude Cohesity & OnePoll – Auprès de 300 dirigeants d’entreprises de plus de 500 employés – Juin 2026 – Organisations au Royaume-Uni, en Allemagne et en France. Eventail de secteurs publics et privés.
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