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Quand les philosophes débattent d’intelligence artificielle

IoT - Par Sabine Terrey - Publié le 06 mars 2023

Vendredi 3 mars 2023. Café de la Sagesse. Comme à leur habitude, Platon, Aristote, Spinoza, Nietzsche et Sartre, cinq des plus éminents penseurs de l'histoire et de fidèles amis depuis des siècles, se sont réunis pour leur rencontre mensuelle afin de partager leurs réflexions et visions sur la vie, le monde et l'existence humaine.

Quand les philosophes débattent d’intelligence artificielle

First Friday au Café de la Sagesse – Découvrez le débat et le dialogue entre ces philosophes au travers de l’article de Rupert Schiessl, CEO de Verteego.

Cependant, cette fois-ci, un sujet brûlant d’actualité monopolise leur attention : l’intelligence artificielle. Les récentes avancées technologiques suscitent des questions fondamentales sur la nature de l’humanité, de la conscience et de la responsabilité. Néanmoins, leurs opinions divergent sur la place que l’IA doit occuper dans notre société et sur les conséquences de son développement pour l’avenir de l’humanité.

Tous les regards sont tournés vers Aristote qui s’apprête à prendre la parole.

Aristote : “Les amis, avant même de parler d’intelligence artificielle, permettez-moi de vous rappeler que la connaissance ne peut être acquise que par l’expérience. C’est précisément ce qui fait la particularité de l’homme par rapport aux autres animaux. Nous avons la capacité de raisonner et d’acquérir des connaissances au fil de notre vie, alors que les animaux, eux, ne peuvent acquérir que des connaissances instinctives.

Or, l’intelligence artificielle pose problème dans cette conception de la connaissance, car elle n’est pas basée sur son expérience propre, mais sur la connaissance que quelques programmeurs, bien humains eux, ont bien voulu lui inculquer. Alors comment peut-on parler d’intelligence si elle ne s’appuie sur aucune expérience concrète du monde ? C’est pourquoi je dois vous dire que le concept même de l’IA reste plus que floue pour moi…“

Platon : “Ah, Ari, mon cher ami, tu ne changeras jamais ! Je suis heureux de constater que même après toutes ces années, tu continues à te passionner pour les questions fondamentales de la connaissance et de la finalité. Permets-moi tout de même de te faire remarquer, une fois n’est pas coutume, que tu sembles avoir oublié une chose essentielle : la véritable connaissance ne peut être obtenue que par l’intellection directe des Formes éternelles, qui, elles, transcendent notre petit monde sensible et permettent de comprendre la réalité ultime des choses. Et si l’homme a cette capacité de raisonner et d’acquérir des connaissances, c’est précisément parce qu’il est doté d’une âme immortelle qui a contemplé les Formes avant d’être incarnée dans un corps mortel.

Alors, tu vois, Ari, par conséquent, ni l’intelligence artificielle, ni l’intelligence humaine, ne peuvent être considérées comme véritables formes de connaissance, dans la mesure où elles ne reposent pas sur la contemplation des Formes éternelles. Elles ne sont que des imitations plus qu’imparfaites de la connaissance véritable.

Spinoza, Nietzsche et Sartre ont écouté attentivement la conversation, sans toutefois donner l’impression d’être très convaincus. Nietzsche, pour sa part, manifeste même ouvertement son ennui en jetant régulièrement des coups d’œil à sa montre d’un air blasé. Soudain, Spinoza se lève et pointe du doigt Aristote et Platon.

Spinoza : “Messieurs, j’en perds mon latin. Vous parlez de connaissance, de vérité, de finalité,… Mais vous vous trompez totalement de débat. La question est plutôt de savoir comment l’homme peut trouver le bonheur et la liberté dans un monde qui n’a pas de finalité ou de dessein divin.

La raison et la connaissance ne sont pas une fin en soi, mais un moyen de comprendre la nature et de vivre en harmonie avec elle. Et si l’intelligence artificielle peut nous aider à mieux comprendre la nature, alors pourquoi s’en priver ? Pourquoi nous limiterions-nous à une conception de la connaissance qui ignore les avancées scientifiques de notre temps ?

De plus, vous parlez de l’homme comme d’un être supérieur aux autres animaux. Il n’en est rien ! L’homme n’est pas distinct de la nature, il en est même une partie intégrante. Comme les machines d’ailleurs ! Et si nous voulons vivre en harmonie avec la nature, nous devons apprendre à la comprendre et à la respecter, en utilisant toutes les connaissances et les outils à notre disposition.

Enfin, cher Aristote, je crois que tu te trompes en affirmant que la connaissance ne peut être acquise que par l’expérience. Si tu relisais un peu plus attentivement mon “Éthique” au lieu de passer tes soirées sur Insta, tu comprendrais peut-être que la connaissance peut être obtenue par la raison seule, à condition de partir de principes évidents et de suivre une méthode rigoureuse. Dieu est la seule substance et que tout ce qui existe en dérive nécessairement. Les algorithmes formant l’IA n’en font pas une exception et…”

Nietzsche, ne cachant plus son ennui, ne semble être d’accord avec pratiquement rien de ce qui a été dit. Il interrompt Spinoza sur un ton agacé.

Nietzsche : “Stop ! Stop ! Stop ! Spinoza, tu parles de bonheur, de liberté, de nature… Bullshit ! Je crains que tu ne sois en train de te voiler la face sur la véritable nature de l’homme et de l’univers. Tu sembles croire que tout a une finalité, que tout est ordonné et que nous pouvons trouver le bonheur en suivant des règles établies. Mais tu vis sur quelle planète ?

La vie est bien plus chaotique que cela. L’homme est un animal enragé, toujours à la recherche de pouvoir et de domination. La nature elle-même est cruelle et indifférente à notre sort. Il n’y a pas de finalité, pas de sens, pas de vérité absolue. Tout n’est qu’un éternel devenir, un perpétuel mouvement.

Alors l’intelligence artificielle ? Bah ! Pourquoi s’en soucier ? Elle n’est qu’une autre manifestation de la volonté de puissance de l’homme. Nous la créons pour mieux nous dominer, pour mieux nous affirmer. Mais au final, cela ne nous apportera rien de plus que le néant. Rien ne compte vraiment, tout n’est qu’une illusion éphémère.

Rupert Schiessl – CEO Verteego

Alors, Spinoza, ne te berce pas d’illusions. Ouvre les yeux sur la véritable nature de l’homme et de l’univers. Et si tu cherches vraiment quelque chose à quoi te raccrocher, alors ne cherche pas la vérité, mais la beauté. C’est la seule chose qui puisse encore nous émouvoir dans ce monde absurde.”

Un garçon de café, oubliant pour un bref instant le rôle qui est le sien, ne put s’empêcher d’écouter la conversation d’une oreille, et décide d’apporter son grain de sel.

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