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Profil de l’analyste par accident

Data - Par Olivier Lebret - Publié le 06 février 2015
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Selon MARKESS International, 44 % des dirigeants placent l'exploitation et l'utilisation des données dans les trois premiers enjeux liés à la gestion de leurs informations décisionnelles. Si l'importance de l'analyse des données pour maintenir et optimiser la compétitivité des entreprises n'est plus à démontrer, cette tâche critique incombe souvent à un unique salarié.

Profil de l’analyste par accident

Si l’importance de l’analyse des données pour maintenir et optimiser la compétitivité des entreprises n’est plus à démontrer, cette tâche critique incombe souvent à un unique salarié.

Ce n’est plus un secret pour personne, l’analyse de données est une véritable aide décisionnelle. Elle revêt une importance croissante pour les entreprises qui veulent maintenir ou renforcer leur compétitivité ainsi que pour les collaborateurs qui doivent prendre des décisions et défendre leur position. Ceci dit, j’aimerais attirer votre attention sur la situation d’un collaborateur souvent sur­chargé de travail, apprécié de tous et qui est peut-être le plus important d’entre nous : l’« analyste par accident ».

A priori, cet analyste par accident est un salarié à plein temps comme les autres. On en trouve partout. C’est aussi bien un spécialiste du marketing, un DRH, un admi­nistrateur financier ou un directeur commercial. Aucun bagage universitaire ni cursus professionnel ne prédestine l’analyste par accident à le devenir. Ce qui est certain le concernant c’est que rien dans le descriptif de son poste ne fait état de compétences analytiques ! Vous travaillez peut-être sans le savoir avec un analyste par accident. Vous en êtes peut-être même un. Quoi qu’il en soit, il est temps de rendre hommage à ces héros méconnus, avant de les décharger de ces responsabilités occasionnelles supplémen­taires et de chercher à améliorer les pratiques et résultats analytiques.

Qu’est-ce donc qu’un analyste par accident ? Ou plutôt, qui est-il ? Pour faire simple, disons que l’analyste par acci­dent est la personne vers qui vous-même et vos collègues vous vous tournez quand il s’agit d’analyser des données : produire des rapports, télécharger les données de sys­tèmes ou encore établir une synthèse trimestrielle. Ils ne se sentent pas eux-mêmes analystes, et produire des analyses ne fait pas partie des attributions normales de leur fonc­tion. Ils appartiennent à la catégorie des individus prompts à rendre service et aptes à le faire, qui manipulent facile­ment des données et ont démontré qu’ils savent utiliser un outil d’analyse en libre-service autre qu’Excel.

La naissance d’un analyste par accident se produit qua­siment toujours dans les mêmes conditions. Contraint de devoir présenter un rapport lors d’une prochaine réu­nion ou d’animer uneprésentation, l’analyste par accident prend le temps de se familiariser avec n’importe quel outil de reporting en libre-service mis à disposition par son entreprise. Sa présentation impressionne. Les collègues se passent le mot, si bien que, rapidement, tout le monde connait ses compétences concernant l’exploitation de don­nées et l’élaboration de rapports qui font leur effet. Un jour ou l’autre, un collègue ose lui demander son aide.

Sauf que ce n’est jamais la seule et dernière fois et ça ne prend jamais que cinq minutes. En peu de temps, la ques­tion « Pourrais-tu faire ça pour moi ? » devient « Pourrais- tu le faire pour moi aussi ? ». Et bientôt, « Pourrais-tu me le refaire ? ».

Les cinq minutes isolées se transforment en 20 heures par mois et, avant qu’il s’en rende compte, toutes les analyses du service transitent par lui. Cette personne s’est muée en un analyste par accident. (Et ce, sans aucune reconnaissance par­ticulière. Après tout, combien débuteraient leur présentation en remerciant quelqu’un d’avoir fait le boulot à leur place ?)

J’ai commencé cet article en soulignant l’importance crois­sante de l’analyse de données pour la survie des entreprises d’aujourd’hui. Vous conviendrez que l’analytique joue un rôle trop critique dans la réussite de votre entreprise pour vous permettre de confier cette responsabilité à un seul analyste par accident, aussi compétent et volontaire soit- il . Si vous occupez un poste de direction ou de manager et que vous comptez sur l’expertise d’un seul analyste par accident (ou si vous tenez vous-même ce rôle, contraint de rogner sur votre temps libre pour boucler votre travail officiel), le temps est venu de reconsidérer la place donnée à l’analytique dans votre entreprise. Voici quelques conseils pour vous y aider :

• 1-Formez vos collaborateurs à devenir des analystes

Comme le proverbe énonçant qu’il vaut mieux apprendre à quelqu’un à pêcher que lui offrir un poisson, mieux vaut proposer une formation à vos collaborateurs et leur apprendre à produire des rapports eux-mêmes que le faire à leur place. Si vous êtes un manager, faites en sorte que tous les membres de votre équipe consacrent suffisamment de temps pour se former à utiliser correctement les outils de reporting en libre-service mis à disposition dans l’entreprise.

• 2-Privilégiez la collaboration

Vous pouvez penser qu’être (ou pouvoir compter sur) un analyste par accident suffit à garantir la cohérence du reporting, mais la charge de travail que cela suppose augmente inévitablement jusqu’au point de non-retour. Veillez plutôt à instaurer un environnement de commu­nication et de collaboration entre les propriétaires des données et les analystes en devenir dans l’entreprise. Avec les outils de collaboration modernes, professionnels de l’IT et analystes peuvent profiter du confort du libre-ser­vice, conjugué aux garanties de sécurité et de validité des données.

• 3-Encouragez le changement de culture

L’efficacité analytique ne peut pas se résumer à l’assem­blage rapide de données pour produire un rapport à la hâte en prévision d’une présentation. Il s’agit d’utiliser l’infor­mation pour prendre des décisions fondées, et de pouvoir le faire quasiment en temps réel. Pour y parvenir, il faut que l’analyste par accident partage ses connaissances avec ses collègues au sein de toute l’entreprise. C’est la respon­sabilité du dirigeant que d’instaurer un environnement de travail où l’analyse des données devient l’affaire de tous et non plus une attribution réservée à une seule personne.

Ne vous méprenez pas ! Il ne s’agit pas de nier les compé­tences et aptitudes de l’analyste par accident. Un manager doit au contraire cultiver ces compétences. Mais la seule façon d’y parvenir est de supprimer la surcharge de travail et les inconvénients liés au statut d’analyste par accident à la faveur d’une plus grande agilité et liberté partagées par tous les membres d’une équipe, acceptant que l’effort analytique soit collectif et partie intégrante de la réussite de l’entreprise.

Il faut aussi veiller à ce que tous les analystes d’une entre­prise disposent des bons outils pour travailler, car leurs attributions propres ne doivent pas pâtir de cette sur­charge de travail, comme dans le cas de l’analyste acci­dentel isolé.

Dans les entreprises qui suivront ces quelques recomman­dations, les analystes par accident seront donc accrédités pour ce faire et leurs attributions seront peut-être même adaptées de façon à valoriser ces compétences spécifiques. Après tout, la réussite, elle, ne vient pas par accident.

 

 

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