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Uber, précurseur de l’arrivée de nouveaux services à valeur ajoutée

Cloud - Par Arnaud Alcabez - Publié le 09 décembre 2014
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Ce mois-ci, je vais vous parler d'Uber et le rôle qu'elle joue dans le Cloud Computing.

Uber, précurseur de l’arrivée de nouveaux services à valeur ajoutée

Dans les précédents articles, j’ai surtout présenté les différences qu’il pouvait exister entre les modèles traditionnels, hybrides et en ligne, que ce soit d’un point de vue architectural ou de conduite du changement.

Le Cloud Computing est de par nature une composante disruptive du système d’information, et les sociétés qui le « fabriquent » le font parce que leur modèle économique l’est aussi (http://praxtime.com/2014/06/23/from-disruption-to-tech-regs/). C’est le cas de sociétés comme Netflix, Amazon, et d’autres qui conçoivent les services, les outils et les mettent ensuite à disposition pour les autres entreprises.

Uber, la petite compagnie de taxis qui suit les traces d’Amazon

Uber, anciennement UberCab, est une entreprise qui développe et opère des applications mobiles de mise en contact de clients avec divers services de transport de personnes. La plupart des personnes qui n’utilisaient pas leurs services ont entendu parler de cette société par les médias grand public. En effet, l’arrivée des sociétés de VTC (voitures de tourisme avec chauffeur) en France provoque, en février 2014, des mouvements de grèves chez les chauffeurs de taxi, mais aussi en avril 2014 à Berlin.

Au départ, le service est officiellement lancé mi-2010 à San Francisco via l’application iPhone Uber-Cab. Le concept prend rapidement et Uber étend donc le service dans plusieurs des grandes villes américaines la même année, puis développe son modèle progressivement dans le monde, jusqu’à être présent dans plus de 36 pays (170 grandes villes au total sur 5 continents). Sa dernière levée de fonds, en juin 2014, valorise la société à 17 milliards de dollars, un record pour une start-up aussi jeune, en quatre ans d’activité.

Ont pris part à ce tour de table, les fonds BlackRock, Fidelity Investments et Wellington Management, ce qui donne une allure de Who’s Who à l’actionnariat de la startup: avant cette levée d’argent frais, Uber comptait déjà comme actionnaires le géant de l’internet Google, via son fonds Google Ventures, la prestigieuse banque d’affaires Goldman Sachs ou encore Jeff Bezos, le patron du mastodonte de l’e-commerce Amazon.

Destructeur de cartel, créateur d’emploi, chantre de l’innovation, promoteur de l’économie du partage… Uber est l’archétype même de l’entreprise qui, valorisée à 17 milliards de dollars, se voit encore comme une start-up au modèle profondément disruptif. Entre le lancement régulier de nouveaux services, le lobbying auprès des autorités locales et la lutte acharnée contre ses rivaux, Uber est sur tous les fronts.

L’histoire d’Uber ressemble à celle d’Amazon. Si le petit libraire de Seattle, devenu un empire mondial, a fait lui aussi la une de l’actualité avec son optimisation fiscale redoutable, la proposition de loi présentée par les députés UMP Christian Jacob, Christian Kert, Hervé Gaymard et Guy Geoffroy et soutenue par Mme la Ministre de la Culture Aurélie Filippetti (PS) sur le prix des livres sur Internet (dite « loi anti-Amazon »), puis son bras de fer avec Hachette, Uber suit ses traces : la petite société de taxis avec un simple blog – autant dire partie de zéro – est en passe de devenir un acteur mondial en quelques années.

Uber est-il si différent d’un fournisseur de service IaaS 

Pour autant, peut-on comparer Uber avec une société spécialisée dans la fourniture de services IaaS ? Beaucoup aujourd’hui pourraient penser que non : Uber ne ressemble en rien à Amazon, Google, ou Microsoft. Et pourtant… Surprise ! Uber expose depuis quelques jours ses API gratuitement (https://developer.uber.com/) et permet à un développeur de les consommer pour concevoir son application. Uber annonce déjà quelques clients comme TripAdvisor, United Airlines, TimeOut, la chaîne d’hôtellerie Hyatt, et Starbucks pour les sociétés dont les noms sont les plus connus.

Une petite particularité : l’exploitation de l’API d’Uber vous interdit d’utiliser un service concurrent en même temps, comme cela est précisé dans les conditions générales (https://developer.uber.com/v1/terms/). Un moyen de freiner la concurrence, mais également de bloquer des systèmes comparatifs. Bien joué.

En termes de technologies, Uber utilise des centres de données pour publier son service, comme ses homologues. Sous le capot ? Les mêmes technologies que la plupart des autres fournisseurs : Awesome SQL, Hadoop, Postgres, Riak, Node.js, Storm, Python & Javascript. (Certes, les composants technologiques changent d’un éditeur à un autre, mais on retrouve les mêmes fondamentaux).

« Infrastructure as a Service » : Composants et applications n’auront pas le même destin

Pour les puristes, les services d’Uber s’apparentent à modèle intermédiaire entre le Software as a Service et l’Infrastructure as a Service. A la base, le SaaS est la livraison conjointe de moyens, de services et d’expertise qui permettent aux entreprises d’externaliser intégralement un aspect de leur système d’information (messagerie, sécurité…) et de l’assimiler à un coût de fonctionnement plutôt qu’à un investissement. Dans l’utilisation de l’API d’Uber, on ne parle de que l’externalisation d’une fonction d’un logiciel vers un sous-traitant disposant d’un savoir-faire et d’une capacité à pouvoir la fournir en tout lieu à la demande. Ce type de service haut de gamme est certainement promis à un bel avenir.

Les plateformes IaaS qui se limitent à la fourniture de composants traditionnels (réseau, CPU, stockage) et qui n’apportent qu’une très faible valeur ajoutée subissent dès aujourd’hui la pression d’une compétition entre un nombre d’acteurs trop grand par rapport aux attentes du marché.

Une belle démonstration de cette concurrence est faite dans un article de TechCrunch où l’auteur évoque l’hypothèse que très rapidement, le coût du giga-octet de stockage dans le nuage sera si faible qu’il tendra vers zéro, et partant de ce principe, que la capacité de stockage mise à disposition ne sera même plus considérée comme une valeur ajoutée dans une offre. A ce jeu, seuls les plus imaginatifs arriveront à survivre, et ce, malgré les lourds investissements déjà consentis et à venir. http://techcrunch.com/2014/08/20/cloud-storage-is-eating-alive-traditional-storage/.

Au final, c’est une trajectoire qui a du sens. Les entreprises qui produisent un service innovant ont une valeur ajoutée, et leur nombre sera restreint. Les entreprises qui mettent à disposition les outils permettant de produire ces services et qui sont plus nombreuses devront évoluer ou … mettre la clé sous la porte.

Ce modèle marque aussi le retour en grâce des développeurs, vis-à-vis de leurs homologues infrastructures : L’important est dans ce que vous produisez dans votre coeur de métier ou des données que vous possédez, et non dans les outils qui sont utilisés, spécialement dans un monde où la plupart des technologies utilisées sont des outils communautaires.

Uber est certainement un précurseur de ces changements, enfanté du choc entre les anciennes et les nouvelles économies. Les premières profitent d’un monde encore non régulé et qui est à la peine pour légiférer, tandis que les secondes exercent leurs cercles d’influence en tentant d’agir sur les gouvernements pour ralentir une révolution déjà en marche.

 

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