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La loi de Moore va enfin s’appliquer au monde du stockage !

Cloud - Par Gabriel Ferreira - Publié le 27 juin 2016
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En 1965, Gordon Moore, co-fondateur d'Intel, prédisait que la puissance des ordinateurs doublerait tous les deux ans, à coût égal.

La loi de Moore va enfin s’appliquer au monde du stockage !

Et effectivement, nous assistons depuis cinquante ans à une progression phénoménale de la puissance de calcul, qui a donné naissance à des technologies, comme les smartphones, les tablettes et l’Internet haut débit, qui nous semblent aujourd’hui aller de soi. Cette évolution concerne aussi les datacenters, avec des serveurs et des réseaux pratiquement mille fois plus rapides. Sans oublier les transformations radicales apportées par la virtualisation et la commutation de réseau.

Et puis il y a le stockage. La plupart des solutions de stockage d’entreprise actuellement en service, sous forme de disques mécaniques, ont été conçues il y a plus de vingt ans. Loin de suivre la Loi de Moore, les disques durs restent au point mort : leur densité a augmenté, mais pas leur rapidité. C’est un domaine où l’innovation manque pour le moins de dynamisme. Jusqu’à ce jour.

Première révolution : la mémoire Flash

En dix ans, la mémoire Flash a totalement bouleversé les technologies grand public. Utilisée comme mémoire de stockage de votre smartphone, elle est aussi largement employée dans les datacenters ultramodernes de Google, Apple et autres Facebook.

La technologie Flash présente plusieurs avantages par rapport aux disques durs : bien plus rapide, elle est aussi plus fiable, plus dense et plus performante. Elle est donc appelée à remplacer tôt ou tard les disques durs pour le stockage des données fréquemment ou régulièrement consultées. Conséquence de la Loi de Moore : « le disque remplace la bande, et la mémoire Flash remplace le disque », selon la formule inventée en 2006 par le regretté Jim Gray, chercheur chez Microsoft Research.

Bien entendu, la technologie Flash est utilisée depuis des années comme cache ou pour certains niveaux de stockage, afin d’accélérer le stockage sur disque. Mais il existe un énorme écart de performance entre la mémoire Flash et le disque. Et comme ce sont les opérations « longues » sur disque qui priment, les solutions hybrides ont la lenteur du disque.

On pourrait comparer la différence à celle qui sépare un trajet en avion d’un voyage en bateau. Comment planifier un voyage professionnel si vos collègues et vous-même ne savez pas quel moyen de transport vous emprunterez ? C’est peut-être l’une des raisons qui expliquent que les solutions hybrides de nouvelle génération n’ont pas eu le succès escompté dans les grandes entreprises.

Si l’usage de la mémoire Flash a, à l’origine, été limité au cache/niveau de stockage, c’est à cause de son prix. Selon l’étude de 451 Research publiée en juin 2016, 51% des répondants estiment que le plus grand frein à l’adoption du Full-Flash est son prix trop élevé. La mémoire cMLC présente toujours, à l’heure actuelle, un coût plus élevé que celui d’un disque rapide. Néanmoins, la tendance devrait s’inverser prochainement. Au vu de ses avantages à quasiment tous les niveaux, rien d’étonnant à ce que la technologie Flash ait rendu obsolètes les disques durs hautes performances.

Deuxième révolution : le cloud

Le cloud est un concept plus nébuleux que la technologie 100 % Flash, mais il a un effet tout aussi perturbateur sur l’industrie du stockage. Amazon Web Services (AWS) a totalement bouleversé le paysage informatique en facilitant énormément le déploiement des applications par les développeurs et leur mise à l’échelle. On a alors voulu faire des datacenters qui, à l’instar du cloud, associeraient du matériel courant, des logiciels et des fonctions d’automatisation. Avec pour résultat un gain d’agilité, d’élasticité, de résilience, de sécurité et, par-dessus tout, de simplicité (en éliminant la complexité du stockage et de la gestion du réseau accumulée sur des dizaines d’années).

En général, le terme cloud public renvoie à des solutions Infrastructure/Platform as a Service (IaaS/PaaS) telles qu’AWS, Microsoft Azure et Google Compute Engine. La plupart des observateurs incluent également dans cette catégorie les fournisseurs de solutions Software as a Service (SaaS) mutualisées comme Salesforce et Netsuite, ainsi que certains géants de l’Internet grand public tels Apple et Facebook (SaaS B2C).

Néanmoins, le succès du cloud public ne veut pas dire que tout se concentre dans une poignée de datacenters. En fait, certains clients du cloud public investissent massivement dans leur propre infrastructure cloud pour en faire une activité centrale, persuadés qu’à l’échelle à laquelle ils opèrent, ils pourront à la fois économiser de l’argent et démarquer leurs produits de la concurrence.

Malgré la croissance du cloud public, les clouds privés ont de beaux jours devant eux. Pourquoi ?

Les industriels ont besoin de solutions de stockage à faible distance des équipements qu’ils contrôlent;

-Les transactions à haute fréquence doivent être effectuées à proximité des bourses ;

Les infrastructures de postes de travail virtuels (VDI) et autres applications consommatrices d’E/S doivent être proches de leurs utilisateurs pour garantir une expérience supérieure à celle offerte par un portable équipé d’un SSD local ;

Les établissements de santé, les établissements financiers et les organismes publics sont confrontés à de nouvelles contraintes de sécurité qui les obligent à conserver leurs données dans des datacenters qu’ils contrôlent eux-mêmes ;

-La conception actuelle des applications ne permet pas toujours une migration aisée vers le cloud.

Ainsi, plutôt que de déplacer des charges de travail principales vers le cloud public, de nombreux gros utilisateurs créent leur propre cloud pour les mêmes raisons que les entreprises spécialisées dans le SaaS et les fournisseurs de solutions techniques grand public.

Alors, à quoi ressemblera l’industrie du stockage d’ici quelques années ? On peut s’attendre à l’avenir à des transformations encore plus importantes. Il est grand temps, au moins pour le marché du stockage hautes performances, de suivre la Loi de Moore, comme l’ont fait les serveurs et les réseaux. En même temps, les sociétés qui utilisent des solutions de stockage héritées doivent éliminer tous les points faibles (complexité, frais de conseil et pratiques commerciales inamicales) qui expliquent l’attrait exercé par AWS.

Prises séparément, la révolution Flash comme la révolution Cloud auraient un effet particulièrement déstabilisant. Si l’on associe les deux, aucune des solutions de stockage conçues pour les disques mécaniques et les datacenters classiques n’est en mesure de franchir le cap du cloud « 100 % Flash ». La compétition est lancée pour savoir quelles seront les solutions de stockage 100 % Flash qui offriront le plus d’intérêt pour les entreprises. 

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